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Mer d’Iroise. Plein phare sur les fonds marins

Le Parc marin d’Iroise, qui fut le premier du genre en France, va fêter ses dix ans d’existence. Depuis, une dizaine d’autres parcs ont été créés en métropole ou Outre-mer, démontrant ainsi à quel point la protection du littoral est devenu un objectif majeur, avec quelques principes de bases comme l’adage rappelant qu’il coûte moins cher de ne pas polluer que de dépolluer.

En Iroise, les initiatives se sont multipliées et l’une des dernières s’adresse directement au grand public. Avec le concours du paysagiste Maxime Aubinet, le parc a entrepris une vaste étude sur les fonds marins de la mer d’Iroise, toutes ces données bathymétriques qui permettent de faire une photographie sous marine comme un drone le ferait sur une zone terrestre. Sauf qu’ici la lumière pénètre nettement moins et qu’il faut le concours d’un paysagiste pour traduire en dessins très imagés ce que la bathymétrie a donné en relevés nettement moins visuels.

Mieux comprendre pour mieux protéger

L’opération a démarré en presqu’ile de Crozon, au coeur du parc qui s’étend de la pointe du Raz, au sud, jusqu’aux parages de Ploudalmézeau, au nord, là où s’échoua l’Amoco Cadiz. Ici, les relevés bathymétriques sont d’autant plus aisés que les eaux de la baie de Douarnenez figurent parmi les plus claires de Bretagne comme en témoignent les multiples photos de l’Ile-Vierge, qu’un site belge avait désignée comme l’une des plus belles plages d’Europe.

Ce joyau du littoral breton se situe entre Morgat et le Cap de la Chèvre, secteur qui abrite l’un des plus grands zostères de Bretagne. Autrement une prairie sous-marine qui constitue une véritable nurserie pour de nombreuses espèces qui y trouvent matière à s’abriter des prédateurs. Les araignées, notamment, y sont particulièrement nombreuses mais la pêche sous-marine y est strictement réglementée.

C’est justement pour la protection de ce milieu fragile que le parc a entrepris cette opération de représentation des fonds marins. Il tient ainsi à attirer l’attention des plaisanciers sur l’impact des mouillages sur ces herbiers marins. Ils sont parfois dévastateurs sous l’effet des ancres et surtout des chaines de mouillages qui, à marée basse, ont un véritable effet de rasoir rotatif, laminant tout l’herbier en cercle. On imagine les dégâts quand on voit le nombre de bateaux mouillant sur cette zone en été. La parc prône ainsi l’utilisation d’ancre flottante pour éviter les dégâts que cette représentation graphique permet de visualiser dès le premier coup d’oeil.

Selon les techniciens du parc, « la perception du paysage sous-marin n’est pas assez présente dans l’imaginaire du public. Si l’on veut protéger un espace, il faut qu’il soit perçu visuellement et donc compris ».

Pierre Vincent
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