langouste

Mer d’Iroise. La langouste alliée de la coquille saint-jacques

La langouste rouge fait un retour discret mais bien réel en Mer d’Iroise. Le stock est en voie de reconstitution même s’il est peu probable qu’on retrouve un jour une population aussi dense que dans les années 50 où le port de Camaret voyait passer des centaines et des centaines de tonnes puisqu’on en pêcha jusqu’à 2500 tonnes par an dans les eaux bretonnes. C’était trop, beaucoup trop. En moins de deux décennies, le stock a fondu et les pêcheurs ont mis le cap sur les côtes africaines où la langouste allait encore assurer une vingtaine d’années de prospérité aux quais camarétois, alors premier port langoustier d’Europe.

A l’époque, on croyait encore que la mer pouvait, sans trop de problème, assurer le renouvellement des générations mais le réveil fut brutal. Pour la langouste comme pour le reste, seule une gestion raisonnée peut encore ouvrir quelques voies d’avenir.

Rejeter les femelles grainées

La gestion ? C’est le mode opératoire choisi par les pêcheurs d’Iroise avec la création du cantonnement de langoustes de l’ile de Sein, sorte de réserve interdite à la pêche autre qu’à la ligne. Depuis une dizaine d’années, avec le soutien actif du Parc marin d’Iroise mais aussi de l’Ifremer, le réensemencement d’une vaste zone commence à donner des résultats prometteurs. La langouste a une croissance lente et ne se renouvelle pas d’un claquement de doigt, d’une année à l’autre. Il a donc fallu du temps pour obtenir des résultats fiables. Les pêcheurs, comme les deux organismes qui les soutiennent, attestent que le stock se renouvelle bien, même si les larves de langoustes ont parfois tendance à être emportées très loin par les courants.

Les relevés sur place comme les retours de bagues posées sur des spécimens donnent une lecture positive, tout en rappelant l’importance de la gestion des stocks. Elle a déjà conduit à une augmentation de la taille de capture et devrait aller jusqu’à l’obligation de rejet à la mer de toute femelle grainée.

Ce retour de la langouste, même encore modeste, est aussi une bonne nouvelle pour les coquilles saint-jacques. Leur stock a également souffert mais pas seulement à cause d’une pêche parfois trop intensive. Les étoiles de mer en sont aussi la cause car elles sont particulièrement friandes de coquilles qu’elles ouvrent avec une facilité déconcertante. Pas besoin d’Opinel. Or la langouste est l’un des principaux prédateurs d’étoiles de mer et on ne peut s’empêcher de penser qu’il y a une certaine corrélation entre la disparition des langoustes rouges dans les années 60 et la soudaine explosion des étoiles de mer qui ont notamment colonisé la baie de Douarnenez et la rade de Brest. Autant dire que plus il y aura de langoustes et plus on devrait compter de coquilles saint-jacques.

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