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Marguerite & Cie, des box tampons bio et autant de mécénat.

Portrait d’une féministe, d’une humaniste loin de se limiter à vendre des tampons pour vendre des tampons. « Je ne suis pas une commerçante dans l’âme », lâche d’emblée, Gaële Le Noane, assurément « femme de soin ». Et fichtrement activiste… Orthophoniste de profession, c’est dans le pays bigouden qu’elle a tout lâché il y a tout juste un an, pour se consacrer pleinement au e-commerce de tampons 100% coton bio, dans une démarche de solidarité et d’équité.

Lancée il y a tout juste un an, Marguerite & Cie s’est façonnée comme un modèle de triple-uppercut à « la précarité menstruelle, la santé des femmes, et la préservation de l’environnement ». Le concept: envoyer des box personnalisées de tampons 100% bio, compostables et biodégradables, dans les boîtes aux lettres, et faire justice en adressant quantité égale aux femmes en situation de précarité. Point de départ à Lesconil (29). Direction l’intimité de toutes les femmes.

La précarité menstruelle

Le sujet de la précarité menstruelle fait enfin causer. Mamma mia, il était temps… A l’occasion de la sortie du film Les Invisibles, l’actrice et ancienne SDF Corinne Masiero s’en est fait la porte-parole, pointant du doigt la « difficulté extrême d’avoir ses règles lorsqu’on vit dans la rue ». Evidemment, les Youtubeuses dites « râleuses professionnelles » Camille & Justine se sont emparées et délectées du sujet. Plus récemment, Irène, jeune étudiante, n’y est pas allée avec le dos de la cuillère en se trimbalant dans Paris sans protection durant ses règles, avant de relayer une photo Instagram peut-être pas chic, mais choc, dans le dessein d’« exiger » le remboursement des protections hygiéniques.

C’est dans cette même veine intimement sororale que Gaële Le Noane a, dès ses tout débuts, intégré le mécénat à son dispositif de vente en ligne sur la seule promesse d’« une boîte offerte, pour une boîte achetée ». Conclusion du jour: 1200 femmes en situation de précarité et d’exclusion ont déjà pu bénéficier de protections hygiéniques Marguerite & co via l’association ADSF- Agir pour la santé des femmes. Un clic officiant de solidarité féminine, et d’accès sanitaire… égalitaire!

Le cocktail chimique du conventionnel

Bien que les tampons soient insérés dans nos tréfonds, aucune réglementation n’oblige les fabricants à en mentionner la composition. De fait, ils en font (un peu trivialement) l’impasse. Il faut donc s’en remettre aux récentes publications de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) pour découvrir l’ahurissant composé chimique des produits conventionnels. « Traces de pesticides, glyphosate, hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), dioxines, et même furanes et phtalates dans les tampons ». Autant de substances qui, même à très faibles doses, sont connues pour leurs effets cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques (CMR), et perturbateurs endocriniens. Et c’est le même cocktail dont la nature se passerait évidemment bien.

Le bio, incontournable label de la santé des femmes

Le réflexe bio, en la matière, Gaële Le Noane l’a adopté dans la lignée d’autres produits de grande consommation, grâce à la pionnière du service, la marque britannique Natracare, apparue en 1989. Mais si trois fabricants européens se partagent aujourd’hui le marché du bio, c’est sur le volet distribution que le bât blesse. « L’accès aux parapharmacies, magasins et épiceries bio est encore trop localisé pour que le geste puisse être généralisé à toutes les populations », argue-t-elle comme un élément clef de la box à domicile. Aussi petite soit-elle en phase de genèse, Marguerite & Cie a attiré l’attention du leader mondial des soins personnels biologiques et naturels. Natracare allait suivre Gaële Le Noane dans son projet de box modulables aux seules ambitions d’accès à l’hygiène et la santé pour toutes, désargentées, ou non.

Marguerite & Cie, un parfum de féminisme et de solidarité

Derrière, c’est le magazine féminin Grazia qui allait ouvrir le bal de sa promotion. S’en est suivi un flot d’articles au sujet de Marguerite & Cie et de sa fondatrice, Gaële Le Noane, une quadra dans son virage le plus noble.Un bout de femme empreint de fortes convictions et d’une hallucinante détermination. Une femme animée par le débat et la justice. Du genre à mettre le sujet sur la table. Du genre à dégainer le tampon pour le vulgariser, fleur au fusil, donnant une impulsion certaine à la libération d’un tabou… pourtant si désuet.

Depuis le mois d’août 2018, Gaële Le Noane reçoit des tampons avec et sans applicateurs de son fournisseur officiel et « de loin le plus écolo » pour les mettre en boîtes dans sa petite boutique de Lesconil, à deux pas de la mer. Elle s’équipe de deux stagiaires, une femme, et un homme qui avoue être déjà plus à l’aise avec ce produit aussi intimidant qu’un sextoy.

Avec Marguerite & Cie, « on peut commander jusqu’au 31, pour une livraison le début du mois suivant. On compose sa boîte de normaux et / ou super selon le flux de chacune, on a la possibilité de changer l’adresse de livraison in extremis ». Un site de commandes des plus modulables, confectionné en faveur du sur-mesure, qui verra arriver les serviettes hygiéniques en avril prochain. De quoi satisfaire chaque femme dans un geste et précautionneux, et altruiste.

Marguerite & Cie. Tél. 06 26 40 44 54. Site web: www.margueriteetcie.com

Manon Motir
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