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Marc Kerangueven : « La SICA a perdu 7 ans, avançons vite désormais ! »

Le tribunal administratif de Rennes a rejeté, vendredi 5 octobre, le recours contre le permis de construire de la plateforme de Vilargren obtenu par la SICA. Grande nouvelle pour la coopérative nord-finistérienne : il s’agissait du dernier jugement attendu avant de pouvoir reprendre les travaux. Entretien avec Marc Kerangueven, le président de la SICA de Saint-Pol-de-Léon. Un homme soulagé qui veut désormais mettre les bouchées doubles.

Cette plateforme était-elle vitale pour l’avenir de la SICA ?

Oui bien sûr, cette plateforme est vitale pour l’avenir des 900 producteurs de la coopérative car elle doit nous apporter de la compétitivité sur un marché très bagarré. Elle va nous permettre de réduire considérablement les coûts logistiques en concentrant notre offre sur un site principal, ce qui va diminuer le nombre de passages à quais des transporteurs et améliorer le taux de remplissage des camions. Cette structuration doit nous donner un réel poids d’attractivité logistique. N’oublions pas que la zone légumière regroupe 50% des flux logistiques de la région ! Au-delà de la logistique, cette plateforme va nous permettre de mieux répondre commercialement à l’ensemble des marchés européens et de proposer une gamme de produits frais plus large, axée sur la diversification et l’innovation. La massification de l’offre sur cette plateforme va offrir la possibilité à tous les producteurs de diversifier leurs cultures, de la pointe de Brest au Trégor finistérien. Aujourd’hui, les exploitations les plus éloignées du canton de St Pol n’ont pas accès à la diversification qui nécessite bien souvent des équipements spécifiques dans nos stations de conditionnement : chaine de lavage, calibreuse… Or la diversification est vitale pour l’avenir des producteurs.

Justement que vont devenir les 20 stations actuelles ?

Les plus excentrées resteront des stations « filles ». Par exemple, les producteurs de la pointe de Brest continueront à livrer leur marchandise à la station de Plougonvelin. Mais il n’y aura plus de frigo, ni de mise en vente. Nous mettrons en place des navettes entre ces stations et la plateforme qui concentrera les outils de conditionnement. Les producteurs du canton de St Pol de Léon livreront directement leurs légumes à Vilargren.

Y-a-t-il encore des recours pour les opposants, l’association de défense de Kermorus-Vilargren ?

Oui, ils ont déjà fait appel de la décision de justice du mois de mai qui avait rejeté leur recours contre le PLU de la ville de St Pol. Ils ont 2 mois pour en faire autant sur le jugement qui concerne le permis de construire de la plateforme. En revanche, aucun de ces recours n’est ou ne sera suspensif. La justice nous permet donc de reprendre les travaux. On va essayer d’avancer le plus vite possible, nous avons perdu assez de temps !

Est-ce également une victoire pour tous ceux qui essaient de faire vivre l’économie sur un territoire qui est borduré par certaines lois et certains textes ?

C’est plus un soulagement qu’une victoire. Nous sommes au même point qu’en novembre 2011 quand les travaux ont été arrêtés. Entre temps, les textes de lois n’ont pas changé. Nous avons déposé notre permis de construire en respectant toutes les réglementations, avec l’accord de la commission des sites. Notre projet a toujours été pertinent pour l’économie locale et vital pour le maintien de l’activité agricole sur ce territoire. Mais nous avons été confrontés à des riverains qui n’ont pas cette vision économique territoriale. Conclusion : nous avons perdu 7 ans, 7 longues années qui ont impacté la compétitivité de la coopérative et fragilisé l’équilibre économique des exploitations.

En quoi la plateforme est-elle importante par rapport à la diversification de vos produits ?

On nous demande de plus en plus de travailler sur la recherche de valeur ajouté. Avec la plateforme, on pourra le faire et accéder commercialement à l’ensemble des marchés.
Nous aurons également une traçabilité totale sur tous les lots avec la mise en place d’outils informatiques performants. Cette plateforme permettra aussi de faciliter l’accès aux certifications qualité.

Êtes-vous capable de dire ce qu’un exploitant de la SICA va pouvoir gagner en plus grâce à cette plateforme ?

Précisément non, mais la plateforme est pensée pour que nous puissions gagner en compétitivité, réduire nos coûts de production et augmenter nos parts de marché. Elle apportera donc inévitablement une plus-value aux adhérents qui devrait se traduire par une amélioration du prix payé-producteur.

Pour vous, président de la SICA, ce jugement représente une première grande fierté ?

C’est un soulagement collectif, pas personnel. Je ne suis que le représentant des producteurs et du conseil d’administration. Cette décision, c’est une très bonne nouvelle ! Pour les producteurs tout d’abord mais aussi pour les administrateurs et les équipes de la SICA qui ont travaillé depuis 2011 sur ce projet.

Julien Perez
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