Loi travail La Bretagne aux avant-postes

Emmanuel Macron la définit comme la loi majeure de son quinquennat, la CGT et les Insoumis y voient « un coup d’état social » en raison du recours aux ordonnances. Dans les semaines qui viennent , on verra jusqu’où peut aller le bras de fer autour de la loi-travail, entre le gouvernement et un front social moins large que celui qui s’était formé face à la loi El Khomeri.

A ce stade, une évidence s’impose : la Bretagne est particulièrement concernée par cette loi qui a clairement placé les petites et moyennes entreprises au coeur même du dispositif. Ce sont elles qui recèlent le plus grand gisement d’emplois, mais à condition de fluidifier le marché du travail en desserrant tous les verrous qui sont autant de freins pour les chefs d’entreprises. C’est l’objectif premier, clairement affiché par cette loi.

Or les PME ne constituent-elles pas le tissu de l’économie bretonne ? Ici, à la tête des sociétés, on ne trouve généralement pas de gros patrons, cigares aux lèves, comme les caricaturistes aiment les représenter. Ce sont en très large majorité de petits chefs d’entreprises qui en bavent souvent pour assurer un carnet de commandes aux fluctuations parfois très aléatoires.

La Bretagne est en France une région-type de ce tissu de petites entreprises. Deux éléments l’attestent. Le premier, c’est que ce sont les PME qui génèrent le plus d’emplois en Bretagne alors qu’en moyenne nationale, ce sont les grandes entreprises qui sont en tête du marché de l’emploi.

Second élément, la Bretagne est la région française qui compte le moins d’entreprises étrangères sur son sol, la géographie étant bien sûr la première cause de cette relative désaffection. Or, les investissements étrangers concernent généralement de grandes entreprises et relativement peu les PME, ce qui tend, là aussi, à expliquer la spécificité du tissu économique breton.

On suivra donc avec intérêt la mise en œuvre de cette loi dont la Bretagne symbolise l’un des fondements. Le taux de chômage, ici, est inférieur à la moyenne nationale, preuve supplémentaire du poids des PME dans le marché de l’emploi et de leur rôle prépondérant pour faire rentrer le chômage français dans la moyenne basse des grands pays européens.

René Perez
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