L’Ille-et-Vilaine veut expérimenter le revenu de base

Qu’on l’appelle revenu universel, revenu de base ou revenu minimum, il repose sur le principe d’une allocation mensuelle accordée aux plus démunis, pour leur assurer un filet de sécurité contre la pauvreté. Ce fut la mesure-phare de Benoit Hamon mais son score désastreux à la présidentielle ne constitue pas la meilleure preuve d’une adhésion du pays à cette idée. Elle n’est pas abandonnée pour autant. La preuve avec l’initiative de huit présidents socialistes de conseil départementaux, parmi lesquels Jean-Luc Chenut (Ille et Vilaine) qui annoncent leur intention de tester le revenu de base dans leur département.

Ils sont légitimes pour prendre une telle initiative puisque ce sont les départements qui gèrent les RSA (revenu de solidarité active) mais aussi la plupart des aides sociales pour les populations le plus fragiles. Ils s’appuient également sur les déclarations du président Macron devant le récent Congrès des maires, de réformer la Constitution pour permettre des expérimentations. Alors ils prennent les devant en annonçant leur intention de tester le revenu de base sur leur territoire. Et en réponse à ceux qui voient dans cette allocation sans contrepartie la forme la plus aboutie de l’assistanat, ils répondent que ce revenu n’est pas un fossoyeur de la valeur travail. Au contraire, selon eux, ce « socle pour tous constitue une opportunité de reprendre le chemin du travail pour ceux qui sont en perte de liens sociaux et d’estime de soi ».

Ils veulent donc d’abord faire une étude sur les bas revenus et élaborer un modèle « robuste, crédible et soutenable financièrement », car pour eux, le RSA ne peut pas constituer ce « socle pour tous », son montant ne constituant pas un revenu décent. Et trop d’allocataires ne le demandent pas alors qu’ils y ont droit.

Ces huit présidents de départements ne donnent cependant pas, pour l’instant, d’indications sur les contours de leur projet et le mode de financement qu’ils envisagent. On remarque à ce propos que le Finistère, autre département breton encore dirigé par les socialistes, ne s’associe pas à ce jour à cette démarche. Peut-être parce que ses ressources financières sont plus limitées que celles d’Ille-et-Vilaine et que le poids des charges sociales y est déjà proportionnellement plus lourd. Mais à la pointe bretonne, on suivra sûrement avec intérêt la démarche audacieuse lancée par ces huit présidents socialistes de départements,   essentiellement situés dans le Sud-Ouest de la France qui demeure un bastion de ce parti politique.

René Perez
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