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L’huître moucharde protège contre le vol

Noël et les fêtes de fin d’année vont se profiler. Et avec elles, les bourriches d’huîtres, trésor du littoral breton qui vous envoie une vague de sensations les soirs de fêtes et un paquet de mer dans les gencives, le lendemain, quand l’humeur et l’intestin sont à marée basse.

Mais voilà. Entre autres avanies dont souffrent nos mollusques préférés, il y a les vols des fêtes. Ils se sont tellement multipliés ces temps derniers que certaines brigades de gendarmerie du littoral en sont réduites à faire des rondes de nuit à l’efficacité très aléatoire. Mais à la Roche-sur-Yon, en Vendée, un ingénieux biologiste a trouvé l’alarme fatale : l’huître qui râle quand on on la déplace !

L’envol des vols

Au départ, Emmanuel Parlier, s’intéressait plutôt à l’environnement des parcs conchylicoles. En créant la start-up Flex Sense spécialisée dans la télémétrie marine, il proposait aux professionnels de leur transmettre des paramètres constants sur la salinité de l’eau, l’acidité ou encore les pollutions éventuelles. Autant d’éléments déterminants en cette période de forte mortalité des huîtres dans certains secteurs du littoral.

Mais il n’eut pas besoin de beaucoup discuter avec eux pour comprendre que leur préoccupation première actuellement, ce sont les vols dans les parcs où les prélèvement sont parfois considérables en une seule nuit. Ni une, ni deux, le biologiste s’est mis au boulot et de ses neurones musclés est sortie une idée géniale : l’huître anti-vol. Le mollusque factice que l’on glisse au milieu des autres huîtres immergées et qui envoie un signal dès qu’on le fait bouger. Fallait y penser !

Un prix de l’innovation au Canada

L’huître moucharde envoie un signal au propriétaire lui indiquant qu’un bras anonyme lui a mis la main dessus. Et ensuite, un système de petites antennes posées sur le littoral permet de détecter à cinq mêtres près où se trouve l’huître moucharde brutalement enlevée à l’affection des siens.

Dans le bassin d’Oleron et le littoral charentais, 430 kilomètres ont ainsi été couverts avec sept antennes seulement (2.000 euros chacune) créant ainsi le premier réseau mondial de surveillance sous-marine des parcs ostréicoles. Et bien que récent, le concept s’est déjà exporté en Polynésie et au Vietnam et a même reçu un prix de l’innovation lors d’un concours au Canada.

La société loue ses huîtres aux ostréiculteurs et comme on l’imagine, les assureurs encouragent l’extension de ce système d’avant-garde qui ne devrait pas manquer d’applications dans d’autres domaines : le bâtiment, l’industrie, les ruches, le bétail, le cuivre et peut-être même les vignes des grands crus où la fréquence des vols s’est soudainement accrue.

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