LGV Bretagne. 200 millions, la petite rallonge !

Les factures des grands travaux, c’est toujours du grosso-modo. Au départ tout le monde se met d’accord pour un prix et à l’arrivée, la facture est toujours beaucoup plus élevée. Ce n’est ni nouveau, ni spécifiquement français et on sait que pour les JO, par exemple, les surcoûts peuvent atteindre des sommes stratosphériques. La construction de la Ligne à grande vitesse (LGV) entre Paris et Rennes n’échappe pas à la règle et le groupe Eiffage, qui mène les travaux, vient de présenter une petite rallonge : 200 millions ! Rien que ça. Elle serait due a des spécifications techniques particulières de la part de Réseau SNCF, arrivées qui plus est avec retard.

Il faut savoir que pour des travaux de cette envergure, il n’y a pas seulement les gens qui bossent sur le terrain. Au jour le jour des ingénieurs notent tous les éléments qui n’étaient pas spécifiés dans l’appel d’offres et transmettent à des avocats et des comptables qui préparent des dossiers aux petits oignons. Et à l’arrivée, ils présentent la douloureuse. Pour le nouveau pont de Térénez, par exemple, elle s’était montée à 7 millions d’euros, soit 15% au dessus du devis initial. Il avait fallu négocier ferme car la société Vinci réclamait 20 millions avec dossier à l’appui !

Sur la LGV, on n’en est pas encore là. Les travaux ont été estimés à 3,4 milliards et ces 200 millions représentent près de 7% de rallonge. Il reste donc encore de la marge et on peut compter sur Eiffage pour présenter d’autres additions au moment du bouclage des travaux, en mai 2017. A ce jours, ils ne sont pas reportées. La date sera respectée affirme Réseau SNCF qui va maintenant négocier avec l’entreprise concessionnaire du chantier sur le surcoût qu’elle demande. Car c’est bien la filiale travaux de la SNCF qui prendra à sa charge la rallonge et en aucun cas les collectivités qui participent au financement. La Région Bretagne a mis 650 millions d’euros dans la balance mais la région Pays-de-la-Loire y est allée aussi de son écot. Je donne pour ta LGV, tu donnes pour mon aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Du donnant-donnant entre gens de bonne compagnie qui ferait peut-être un peu plus de vagues aujourd’hui.

A la fin de ces travaux, Rennes ne sera plus qu’à 1h30 de Paris. En temps, elle sera donc plus proche du cœur de la capitale que certaines villes de la grande banlieue parisienne. Brest et Quimper gagneront également une bonne demi-heure mais seront toujours, au mieux, à 3h30 de Paris. Assez loin  de l’objectif affiché des 3 heures ce qui promet encore de beaux débats sur les sommes à investir pour gagner cette demi-heure après Rennes.

René Perez
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