L’étonnante histoire du footballeur écolo

Les déchetteries bretonnes sont encombrées de montagnes de déchets verts dont on ne sait plus quoi faire, surtout au printemps quand les jardins subissent des tailles XXL. La solution viendra peut-être d’un footballeur français, Mathieu Flamini, qui joue à Arsenal. Non pas à l’arsenal de Brest mais au club londonien dirigé par un autre français, Arsène Wenger, dont le prénom semble avoir été spécialement taillé pour ce club.

Or donc, au moment où Paris accueille la COP21, un journal anglais, The Independant, a narré la curieuse passion de Mathieu Flamini. Normalement, comme tout footballeur millionnaire qui se respecte, il devrait avoir déjà deux ou trois Ferrari, des cheveux rouges avec une crête jaune et un langage constitué d’environ deux cents mots. Lui, non. Le joueur d’Arsenal, avec une discrétion de moine trappiste, a investi des millions dans une entreprise en Italie, pays dont sa famille est originaire, où il produit de l’acide levulinique. Depuis sept ans il a monté son projet sans en dire un mot et aujourd’hui, il a révélé que son établissement est le seul au monde à produire à l’échelle industrielle cet acide aux propriétés extraordinaires puisqu’il peut remplacer le pétrole comme carburant mais aussi pour la fabrication de produits plastiques, pharmaceutiques, cosmétiques…

Et avec quoi obtient-il ce produit ? Avec de la biomasse, autrement dit tous les déchets verts (bois, maïs, paille…) dont la Bretagne est largement pourvoyeuse. Ici ce sont les déchets qui sont utilisés, contrairement à l’éthanol, fabriqué avec de la canne à sucre, de la betterave, des céréales… ou encore le biodiesel (colza, palme, soja…). Ces deux carburants font hurler les écologistes et bien des institutions car ils engloutissent des produits alimentaires alors que la faim fait encore des ravages dans le monde. L’acide lévulinique, lui, ne se nourrit que de déchets.

Les plus chauds partisans de la Cop21 devraient donc attribuer un trophée vert à Mathieu Flamini. Car on peut encore croire en l’avenir de l’humanité si les footballeurs deviennent maintenant écologistes et investissent leur fortune dans les productions durables. Comme dirait Ribéry « pour Flamini, la routourne a tourné bizarre ».

René Perez
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