Les crépidules se collent souvent aux coquilles saint-jacques.

Les crépidules se collent souvent aux coquilles saint-jacques.

Les crépidules bretonnes retournent en Amérique

Retour à l’envoyeur ! Les envahissantes crépidules de la baie du Mont-Saint-Michel sont devenues un produit alimentaire. Un premier contrat avec les USA vient d’être signé pour la commercialisation par une société de Boston.

Les espèces invasives sont souvent une plaie pour l’environnement. La crépidule n’échappe pas à la règle et on sait à quelle vitesse elle a envahi certains secteurs, notamment la baie du Mont-Saint-Michel et la baie de Saint-Brieuc, entrant en concurrence avec les moules, les huîtres ou les coquilles saint-jacques, selon les secteurs. Et pour ce qui est de l’invasion, ce mollusque bat des records, façon Attila. Là où il passe, plus rien ne pousse.

Plus de prédateurs !

On pense que les crépidules sont arrivées en France sur les barges du débarquement, via l’Angleterre où elles seraient parvenues au XIXe siècle, sur les coques de navires venant d’Amérique. Et elles ont trouvé un terrain très favorable sur nos côtes de la Manche puisqu’elles n’avaient plus, accrochées aux basques, les prédateurs yankees qui régulaient leur nombre outre-Atlantique. Welcome in Normandy !

Mais la grande particularité de cette espèce, c’est la rapidité sidérante de prolifération. Elles ont du reste été baptisées « crepidula fornicata », ce qui ne fait pas seulement référence à leur activité sexuelle pas si intense qu’on pourrait le croire puisqu’il paraît qu’elles sont hermaphrodites une partie de leur vie. Donc, pas besoin de partenaire dans ces cas-là. Le terme « fornicata » fait aussi référence à l’architecture qu’elles produisent quand elles se montent les unes sur les autres, dessinant des formes de voûtes qui peuvent atteindre plusieurs dizaines de centimètres de hauteur. Or, dans la Rome antique, les prostituées se réunissaient souvent sous des voûtes qu’on appelait « fornices ». Donc sexualité et architecture se sont mêlées pour accoucher de ce « crepidula fornicata ». Tout le monde suit ?

Réussir enfin la séparation à froid

Bon, revenons à nos moutons de la baie du Mont-Saint-Michel qui ont maintenant pour voisines les crépidules. Leur prolifération devenait tellement inquiétante qu’on a commencé par pomper certains endroits pour en extraire des coquilles qu’on transformait en amendement calcaire car dans nos champs, il vaut quand même mieux de la crépidule éparpillée façon puzzle que des produits de l’industrie chimique. Mais cette faible valorisation n’a pas suffi à convaincre de poursuivre un pompage intensif.

Les recherches se sont ensuite orientées vers la gastronomie avec un écueil rédhibitoire : comment séparer industriellement la noix de sa coquille sans passer par une complexe opération de cuisson dénaturant le produit. Seule solution : la séparation à froid de la chair. Après de longues recherches, c’est une société de Cancale, « Slipper Limpet Processing » (du nom anglais de la crépidule) qui a mis en point le procédé, permettant ainsi la double valorisation du mollusque : chair d’un côté, coquilles de l’autre pour les amendements. Quelques grands chefs bretons se sont attelés à la mise en valeur gastronomique, la crépidule a été rebaptisée « berlingot de mer » ce qui est nettement plus appétissant et la machine commerciale s’est mise en route pour proposer ce produit sur le marché national mais aussi à l’export. Et c’est de là qu’est venue la nouvelle la plus réjouissante : la société de Cancale a signé un contrat avec un importateur américain de Boston avec objectif de 30 tonnes de chair par mois, ce qui correspondant à 300 tonnes de crépidules.

La société ne pouvait rêver mieux qu’un contrat aux USA, pays d’origine de ces mollusques, pour servir de vitrine à son activité et partir à la conquête d’autres importateurs. Une trentaine d’embauches sont d’ores et déjà programmées pour porter, à terme, l’effectif de l’entreprise à une cinquantaine de personnes. Et la ressource n’est pas près de se tarir. On estime à au moins 200.000 tonnes le gisement en baie du Mont-Saint-Michel. Et à la vitesse à laquelle cette bestiole se reproduit….

Bretagne Bretons
3 Commentaires
  1. andré

    SLP (Slipper Limpet Processing) a délibérément dépossédé Madame Ingrid Bahamondes-Rojas, Chercheuse et Docteur en Biologie Marine, de son projet sur les Crepidules. Requin, c’est un metier.

  2. andré

    SLP Hervé Thomas et Britexa Pierrick Clément, ont tout simplement dépossédé cette femme Dr Ingrid Isabel Bahamondes-Rojas de son brevet d’invention et de son idée sur les Crépidules, la réduisant au silence et bloquant systématiquement toute démarche susceptible d’aboutir à l’exploitation de son idée durant plus de 7 ans maintenant, tout ça pour avoir le monopole d’une filière qu’ELLE leurs a apporté. Sous de faux airs de fervents défenseurs du développement durable ce cachent enfaite de méprisables marchants arrivistes, ignorants et assez médiocres pour bloquer une femme de science honnête dans ses recherche et son envie d’exploiter son idée, par appât du gain. Donc au lieue de travailler conjointement comme cela avait été accordé au départ, ils ont préféré dénigrer, violenter, cadenasser, museler. Le lot des ignorants trop médiocres, trop avares pour créer une réelle dynamique avec la matière grise a disposition. Du gâchis humain, du gâchis en terme d’exploitation et efficacité. Tout ça par faute de deux bretons ignares et cupides jouant aux Chicago-boys avec les espoirs et projet d’autrui. Honte a eux pour leurs traitement infâme doublé de leurs inefficacité latente. C’est sur ces gars la ne font pas dans l’excellence. Tan-pis pour eux, pour nous, et surtout pour cette femme qui c’est vue entravée professionnellement durablement par des raquetteurs présomptueux et assez fayot pour avoir « le bras long ».
    http://bahamondes.altervista.org/crepidula.htm

  3. Bonjour,

    « Pêche bretonne. La mer à partager ».
    Merci de respecter également les auteurs/éditeurs des photographies que
    vous utilisez :

    Publication originale :
    http://www.opalesurfcasting.net/faune_et_flore/la_crepidule_-_crepidula_fornicata_article1202.html

    Source originale :
    http://www.opalesurfcasting.net/IMG/crepidule_sur_peigne.jpg

    Conditions d’utilisation : http://www.opalesurfcasting.net/fonctionneme
    nt_de_ce_site/charte_d_usage_d_opalesurfcasting.net_article1165.html

    Demander l’accord à l’auteur : http://www.opalesurfcasting.net/matt_du_
    fort_auteur682.html

    Merci de respecter les crépidules de la côte d’Opale.

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