Legislatives. La Bretagne sous les projecteurs

On retourne aux urnes, les 11 et 18 juin, cette fois pour les législatives, et la Bretagne va encore être sous les projecteurs pour au moins trois raisons.

La première tient à l’arithmétique. Le PS, en 2012, a réalisé un véritable carton en réussissant à décrocher 21 des 27 sièges de députés mis en jeu en Bretagne, dont un 8 sur 8 en Finistère, assez sidérant quand on sait comment votait ce département en des temps pourtant proches. Il est vrai que le rejet de Nicolas Sarkozy, en 2012, a été particulièrement fort en Bretagne, au point même d’amplifier cette razzia aux législatives. Cette fois, inutile de dire que ce ne sera pas tout à fait le même scénario. Le PS sait qu’il va être secoué et huit de ses députés actuels ne se représentent pas. Marylise Lebranchu, Annick Le Loch, Gilbert Le Bris (29), Nathalie Appéré, Jean-René Marsac, Marcel Rogemont (35), Jean-Pierre Le Roch (56) auxquels il faut ajouter Corine Erhel (22), hélas récemment disparue.

Sur ces 21 sièges, combien en restera-t-il à l’arrivée ? Les socialistes ne se font pas beaucoup d’illusions, surtout à la lecture des résultats du premier tour de la récente présidentielle. Avec, à l’arrivée, un drôle de quinté. Macron (29, 05 %), Mélenchon (19,28 %), Fillon (19,04 %), Le Pen (15,33%) et enfin Hamon (9,04%) dont le score a de quoi faire frissonner le PS breton. Il sait qu’il va souffrir et ses dirigeants croisent les doigts pour ne connaître un scénario-catastrophe comme celui de 1993 où trois sièges seulement furent sauvés en Bretagne , dont ceux de deux ex-ministres, Charles Josselin et Louis Le Pensec.

Les socialistes pourraient se rassurer en pensant qu’il y a deux ans, aux Régionales, ils avaient réalisé un excellent score (34,9 %), en devançant largement la liste de droite et Modem (23,4%) et le FN (18,17%). Mais voilà : cette liste était conduite par Jean-Yves Le Drian qui, depuis, s’est mis en marche derrière Macron. Ce qui, là non plus, ne présage rien de bon pour le PS, même s’ il est probable que le ministre ne va pas en faire des tonnes en Bretagne, pendant cette fin de campagne, où il est aujourd’hui le concurrent de ses amis de trente ans. Pas simple à gérer. Les médias nationaux s’intéresseront forcément à ce numéro de contorsion politique totalement inédit, presque copie conforme de ce qui se passe également à droite.

Enfin, les projecteurs vont aussi (et peut-être surtout) se braquer sur les résultats de Richard Ferrand dans sa circonscription de Châteaulin. Bien qu’à Paris comme à Brest, les juges aient considéré qu’il n’y a aucun délit constitué, le nouveau ministre de la Cohésion des Territoires est empêtré dans un de ces marais médiatiques d’où il est difficile de s’extraire, surtout après le tsunami de l’affaire Fillon. Les électeurs seront le seul juge de paix, a commenté le Premier ministre Edouard Philippe.

Mais dans l’agitation actuelle, on en arrive même à se demander si le résultat des urnes suffirait à calmer le jeu.

René Perez
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