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L’économie bretonne est la plus franco-française

La mondialisation et la crise n’ont pas provoqué de délocalisation brutale en Bretagne. Sans doute parce qu’elle est la région de France la moins dépendante de groupes étrangers, si l’on excepte la Corse et son insularité hors concours, puisque pratiquement aucun groupe étranger n’y est implanté, hormis dans le tourisme. Si on ajoute que la Bretagne est une région qui repose relativement peu sur l’industrie lourde, la plus délocalisable, et que sa spécialité dans l’agroalimentaire n’est pas de celle que l’on peut exporter en Chine ou au Vietnam, l’Ouest armoricain est relativement épargné par les risques de transferts hors des frontières.

Mais à l’inverse, la faiblesse des investissements étrangers est un handicap pour le développement régional et la Région Bretagne s’efforce de les attirer. Pas simple. L’arrivée du nouveau TGV qui va rapprocher la Bretagne de Paris incitera peut-être des groupes à s’éloigner un peu de l’Ile de France qui, à elle seule, concentre le tiers des investissements étrangers en France.

42.000 salariés bretons

Sur cette thématique, l’Insee vient de publier une intéressante étude avec des chiffres qui permettent d’étayer le propos. 6,4 % des salariés bretons dépendent des groupes étrangers contre 12,3 % au plan national et 11,2 % en France métropole hors Ile-de-France. Au total, cela représente 42.000 salariés, essentiellement répartis entre Ille-et-Vilaine (19.400) et Finistère (11.700). C’est principalement dans l’industrie que sont concentrés ces emplois mais même dans cette branche d’activité, on ne compte que 9 % d’emplois industriels bretons dépendant de groupes étrangers contre 22 % au national.

A quoi cela tient-il ? D’abord à la géographie, bien sûr, puisque les étrangers investissent prioritairement dans les zones frontalières pour toucher un plus large marché et éviter les kilomètres à parcourir sur les routes. Cela tient aussi au fait que la Bretagne est une région maritime mais qui ne compte pas de grands ports, du moins si on s’en tient à la Bretagne à quatre départements, celle retenue par l’INSEE. Lorient, Saint-Malo et Brest, les trois principaux ports bretons ne pèsent ainsi que 2 % du trafic maritime national alors que le complexe Nantes-Saint-Nazaire atteint 7 % à lui seul. L’autre raison, on l’a dit, tient à la faiblesse du tissu industriel breton, celui qui attire prioritairement les étrangers. Même dans l’agroalimentaire, fer de lance de l’économie bretonne, leur présence (8,2%) est moins forte qu’au national (11,7%).

Etats-Unis en tête

Au palmarès des investisseurs, les Etats-Unis arrivent en tête avec 22 % des investissements étrangers en Bretagne. La bannière étoilée flotte notamment à SDMO Brest, fabricant de groupes électrogènes (photo ci-dessus) et chez l’équipementier automobile Cooper-Standard à Rennes, deux poids lourd de l’industrie bretonne. Suivent dans l’ordre l’Allemagne (12,5%), le Royaume-Uni (11%) et la Belgique (10%). Le Japon fait exception avec une présence en Bretagne plus forte qu’à l’échelon national. L’arrivée de Canon dans les années 70 avait attiré d’autres investisseurs japonais dans la région rennaise, séduits par la qualité de la main d’oeuvre bretonne.

On notera enfin que les groupes étrangers participent à hauteur de 6,7 % au produit intérieur brut breton contre 15 % au plan national.

René Perez
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