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Le Drian restera ministre jusqu’à la présidentielle 2017

Cette fois, il n’y a pas de doute. Non seulement Jean-Yves Le Drian va rester ministre mais il demeura en poste jusqu’à la présidentielle 2017. Dimanche, les Bretons lui ont donné quitus.

Les premiers sondages avaient placé Jean-Yves Le Drian et Marc Le Fur au coude à coude au premier tout. Entre le chef de file de la gauche bretonne et le leader de la droite, c’est au second tour que tout se jouait à l’avantage du sortant.

Or dimanche, les urnes ont donné un verdict totalement inattendu, Le Drian devançant son challenger de 11 points, ce qui ne laisse plus le moindre doute sur l’issue du scrutin puisque toutes les réserves de voix pour le second tour penchent à gauche. Avec le maintien du Front national, Marc Le Fur ne peut plus nourrir la moindre illusion.

Les Bretons en arbitres

Dimanche, les électeurs avaient un double choix à faire : opter pour un parti mais aussi arbitrer la polémique qui a animé la fin de cette campagne tronquée où Jean-Yves Le Drian a abandonné le terrain électoral pour se consacrer quasi-exclusivement à son job de ministre dans un pays en état d’urgence. De Le Fur à Troadec en passant par le FN et les autres candidats, tous ou presque ont protesté contre ce déni de démocratie, appelant les électeurs à sanctionner l’attitude du ministre et son cumul de fonctions.

Or, qu’ont dit les urnes ? Elles ont donné une avance considérable à Le Drian, faisant de lui le champion de la gauche en France en reléguant toute la concurrence au rang de faire-valoir. Les électeurs ont clairement répondu à la question. Oui, Le Drian a eu raison de donner la priorité à la situation nationale. Les chifftres parlent d’eux-mêmes : il a creusé l’écart dans les tout derniers jours, là où on ne le voyait plus sur le terrain des régionales mais sur le front de l’urgence.

La menace sera toujours là

En votant ainsi, les Bretons ont donné quitus à Jean-Yves Le Drian pour qu’il reste ministre puisqu’ils ont approuvé son choix. Il va donc demeurer à son poste. Jusqu’à quand ? Il serait illusoire de croire que dans trois mois, il va venir s’asseoir à son siège de président du Conseil régional de Bretagne où il sera sans nul doute élu dimanche prochain. Il est à son poste de ministre jusqu’à la présidentielle de 2017, fort du double soutien qu’il a reçu. Celui des Bretons dimanche et celui dont lui témoigne François Hollande qui veut le garder à ses côtés.

Or, peut-on croire que du côté du terrorisme, la menace va miraculeusement disparaître dans les mois qui viennent ? Peut-on supposer qu’au Mali où nos troupes sont engagées au sol, les Djidahistes vont soudain déserter le terrain ? Peut-on espérer que dans la poudrière irako-syrienne, les efforts diplomatiques vont suffire à faire taire le fracas des armes ? Tant que la menace sera là, Le Drian restera à la Défense. Et hélas, on peut être sûr qu’il y sera encore en 2017.

Le retour de Hollande

L’autre élément plaidant pour son maintien au ministère, c’est le soudain retour en grâce de Hollande. Lui qu’on voyait totalement laminé dans un éventuel scrutin est revenu du diable-vauvert, retrouvant soudain la place de meilleur candidat socialiste que Manuel Valls ne cherche visiblement pas à lui contester en se réservant pour 2022. En sortant du gouffre des sondages, François Hollande recommence à croire à ses chances, même si le front de l’emploi ressemble encore pour lui à une guerre de tranchées.

Pour nourrir l’espoir d’un spectaculaire retournement, le Président aura besoin de sa garde rapprochée. Toute sa garde rapprochée. Et depuis dimanche, il a la confirmation que Le Drian est un atout majeur dans son jeu, pas seulement en Bretagne mais dans tout l’Hexagone où les rides latérales sur son front et ses manières de taiseux de la politique lui valent de constituer, avec Bernard Cazeneuve, le duo ministériel le plus apprécié des Français.

Peut-on croire, dans ces conditions, qu’à quelques mois à peine de la présidentielle, François Hollande va prier Le Drian de rentrer sur ses terres bretonnes s’occuper des lycées et des lignes de trains régionales ?

René Perez
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