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Le Drian expulsé de l’hôtel de Brienne !

Les expulsions sont interdites avant le 31 mars. François Hollande n’a pourtant pas attendu la date légale et c’est avec un peu d’avance sur le calendrier qu’il a prié le dénommé Le Drian Jean-Yves, exerçant actuellement la fonction de ministre de la Défense, de bien vouloir quitter l’hôtel de Brienne dans les meilleurs délais. Sinon, il fait appel aux huissiers !

Le scénario, on s’en doute, est un peu moins abrupt que celui-là mais c’est tout à fait officiellement que le président de la République a demandé à son ministre de quitter les lieux, comme le prévoyait du reste la construction du nouveau site de Balard, opérationnel depuis peu de temps. Ce « Pentagone à la française » est aujourd’hui un complexe sur 30 hectares, regroupant l’ensemble des bureaux et services du ministère de la Défense. Dans la sillage de sa construction, il était prévu que le ministre et ses plus proches collaborateurs soient également hébergés à Balard mais Jean-Yves Le Drian a préféré rester à l’hôtel de Brienne, provoquant quelques commentaires goguenards. Les mauvaises langues se gaussaient de ce souhait de demeurer sous les lustres en cristal et les tentures luxueuses de cette demeure historique. Les collaborateurs du ministre répondaient en arguant de la proximité de l’Assemblée nationale et de Matignon, le ministre ne mettant guère plus de cinq minutes le mercredi après-midi pour se rendre à la séance de questions des députés et regagner son bureau au plus vite.

Depuis deux siècles

On ne sait pas encore si Jean-Yves Le Drian sera le seul à faire l’objet d’une telle mesure d’éloignement ou si d’autres ministres, hébergés eux aussi dans de prestigieux monuments historiques, vont à leur tour être priés de rejoindre les bureaux de leurs ministères. Quitte à y être, François Hollande devrait en profiter pour rogner aussi sur les dépenses somptuaires que l’Etat supporte, chaque année, pour ses anciens présidents de la République, avec mise à dispositions de bureaux, de personnel et de dotations. Autour de 2 millions d’euros par an pour Sarkozy, Chirac et Giscard, celui-ci détenant un beau record puisque depuis sa défaite en 81, l’Etat lui a octroyé plus de 50 millions d’euros au titre de cette affectation post-présidentielle. François Hollande serait bien inspiré de réviser ce régime dont bénéficient les ex-présidents mais aussi les ex-premiers ministres avec voiture et personnel, devenu choquant en temps de crise.

Quand Jean-Yves Le Drian quittera-t-il l’hôtel de Brienne qui, depuis deux siècles, abrite le ministère de la Guerre, des Armées ou de la Défense, selon les années ? Après cette injonction présidentielle on présume que les collaborateurs de Jean-Yves Le Drian ne traîneront pas trop pour quitter ce magnifique monument historique dont certains tableaux, notamment de Napoléon, illustrent les manuels scolaires du secondaire. Cet hôtel abrite aussi le bureau général de Gaulle, laissé en l’état où il se trouvait quand ce dernier occupait le poste de sous-secrétaire d’Etat à la Défense et la Guerre, en 1939. Le bureau de Clémenceau y est également conservé.

L’hôtel de Brienne ne va pour autant être fermé. Il servira encore aux grandes réceptions de visiteurs étrangers du ministère de la Défense mais les coûts de fonctionnement devraient singulièrement baisser.

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