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Lannion. Un nid d’aigles pour guerriers d’internet

La Bretagne est devenue la région phare dans la lutte contre la cybercriminalité. Le germe était déjà bien planté avec le site de la Direction générale de l’Armement, situé à Bruz, près de Rennes, où se sont développées les premières infrastructures et les premières stratégies de lutte contre les cyberattaques dont l’une, révélée par Le Télégramme, avait visé l’Elysée. Rien de moins.

La présence de Jean-Yves Le Drian a la tête du ministère de la Défense, n’est pas non plus tout à fait étrangère à cette spécialisation bretonne dans la cyberdéfense. En s’appuyant sur Bruz, celui qui préside aussi le Conseil régional de Bretagne a été à l’initiative du Pacte de cybersécurité qui, en 2012, a jeté les grandes bases de la politique française dans un domaine tellement sensible et stratégique que Jean-Yves Le Drian n’hésite pas à parler de « quatrième armée ». Plusieurs sociétés spécialisées se sont ainsi créées dans la grande ceinture rennaise, confortant le développement soudain de cette activité.

Lannion, pôle mondial

La doctrine française s’est mise à l’heure de cette cybercriminalité rampante qui prend parfois des allures de cyberguerre quand elle vise à détruire ou parasiter des systèmes informatiques adverses, notamment ceux relevant de la Défense nationale de pays visés. Et plus question de seulement se défendre. La France a son tour est totalement disposée à passer à l’attaque contre ceux, quels qu’ils soient, qui seraient identifiés comme attaquants.

Ce ne sont pas seulement des défenseurs mais de vrais guerriers qui occupent désormais certains postes de cette armée souterraine. Et comme on ne part pas à la guerre la fleur au fusil, le ministère de la Défense s’attache les services et le soutien de grands fabricants de matériels informatiques, comme Nokia, l’un des géants du secteur qui possède un site à Lannion. « Il va devenir un pôle mondial de recherche en cybersécurité », ont annoncé les dirigeants du groupe lors d’une visite de leur centre lannionnais, lundi, en présence de Jean-Yves Le Drian.

Pour indiquer à quel point la cybersécurité devient une activité mondiale majeure, la société Nokia prévoit le recrutement de 500 ingénieurs Recherche et développement dont plus d’une centaine seront affectés à Lannion, pour travailler notamment sur la cybersécurité. Des aigles de l’informatique appelés à développer des systèmes sophistiqués, à déjouer tous les pièges des chevaux de Troie des temps modernes mais aussi à lancer des attaques contre des ennemis pas forcément lointains. « Si vis pacem parabellum », disaient les Romains. Si tu veux la paix, prépare la guerre.

René Perez
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