Lannion. La cybersécurité au secours du site

Moins grave que prévu. A Lannion, le plan de licenciements présenté par l’opérateur Nokia vient d’être revu à la baisse par les dirigeants. Après avoir annoncé 402 licenciements secs, la société vient de faire savoir que 162 postes seront préservés, adoucissant quelque peu la rigueur de la première annonce brutale. Dans ce revirement partiel, quelles parts respectives peuvent avoir les mobilisations (5.000 personnes) qui ont eu lieu dans la foulée, l’action en sous-main de l’État et la stratégie de la société ? On sait que dans ce type de décisions radicales, les entreprises concernées ont tendance à annoncer le pire d’entrée pour ensuite ajuster les chiffres et remettre un peu de baume au coeur des secteurs touchés. Au point de devenir presqu’une bonne nouvelle alors qu’il y a encore tant de licenciements derrière.

Mais la surprise est surtout venue de l’annonce par l’opérateur de la création en 2021 d’un centre européen de cybersécurité qui engendrerait la création de 112 postes dont 97 basés à Lannion. Si on additionne, 259 emplois seraient ainsi maintenus et créés sur le site (162 + 97) alors que la première annonce portait sur 402 licenciements secs.

Mais au-delà de l’arithmétique, la question qui se pose est de savoir comment ce projet de pole cybernétique a pu sortir aussi vite des tiroirs de la société ? Peut-être faut-il y voir la main de l’État venant épauler un projet en partie compensateur, voire même celle de Jean-Yves Le Drian en personne, ministre et ancien président de la Région Bretagne.

Faut-il rappeler que c’est lui, lorsqu’il était ministre de la Défense qui a fortement contribué à faire de la ceinture rennaise la capitale de la cybernétique française, en prenant appui sur le pole Maîtrise de l’information de la Direction générale de l’Armée (DGA-MI), créé en 1968 à Bruz près de Rennes où il emploie actuellement un millier de personnes. Depuis, les emplois ont été créés par centaines et centaines autour de Rennes, le secteur de la cybersécurité étant hélas en pleine expansion, qu’il s’agisse de protection publique ou privée de la sphère numérique.

Il serait étonnant que cyberman Le Drian ne soit pour rien dans ce projet compensateur, sorti du chapeau en à peine quelques semaines. Il y a probablement derrière un coup de pouce de l’État qui, bien sûr, n’en fera pas mention. Pour les raisons que l’on devine…

René Perez
1 Commentaire
  1. ganguill

    – Nokia n’est pas un opérateur mais un équipementier.
    – Les 97 postes en cybersécurité n’ont absolument pas pour vocation à reprendre des anciens salariés impactés par le plan, revoyez vos sources.
    Il s’agira de nouveaux postes, également ouverts à l’extérieur.

    Il n’y aura donc pas 259 emplois de « sauvés » mais bien 162…

    Ce plan laisse toujours 402-162=240 personnes sur le carreau (et parmis elles toujours un bon nombre de jeunes embauchés sur la période de 2017 à 2019, avec pour certains des projets de maison et d’enfants en cours).

    Ne vous réjouissez pas, Lannion n’aura plus au final que 530 employés sur 770 restants, auquel il « pourrait » y avoir 97 postes supplémentaires d’ici fin 2021 (le « pourrait » est important, ce mot ayant été utilisé par la direction).

    Un beau gâchis. Nokia annonce frapper très fort au début, pour finalement diminuer les chiffres de 20% (il reste pratiquement 1000 personnes impactées) et empocher quelques millions au passage.
    Cet effet de style a malheureusement fonctionné auprès de nombreux médias qui considèrent presque cette nouvelle comme bonne. Elle est pourtant toujours très mauvaise…

    Écœurant.

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