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Lamballe veut garder son odeur de cheval !

Début février, la Cour des Comptes a tranché. Les Haras Nationaux coûtent trop cher au contribuable ( environ 25 millions par an ) et leur fusion voilà cinq ans avec l’Ecole Nationale d’Equitation n’a pas produit les économies escomptées. Résultat, L’Institut Français du cheval et de l’Equitation, qui était née de cette fusion , vient de décider de la mise en vente de neuf des vingt deux haras installés sur le territoire français. Dont celui de Lamballe, qui fut, entre les deux guerres, le plus important haras de France.

60.000 visiteurs par an

Le Postier Breton en avait fait la réputation. Par sa robustesse et son agilité, la race s’est grandement illustrée dans le conflit de 14-18 dans le transport et l’artillerie. Au début du XXe siècle, jusqu’à 400 étalons étaient stationnés dans le domaine installé sur plus d’une dizaine d hectares. Les bâtiments qui abritent douze écuries, une forge, une carrière de concours témoignent encore aujourd’hui du prestige des lieux. Et si la vocation initiale de l’endroit, à savoir la reproduction, s’est pratiquement éteinte, le haras demeure toutefois un haut lieu de la culture équine. Il accueille bon an mal an une moyenne de 60.000 visiteurs. Ce succès populaire sera sa garantie de survie.

De la vente de ses neufs haras (1) l’institut du cheval espère obtenir une quarantaine de millions d’Euros. Son directeur souhaite que l’opération soit bouclée avant la fin de l’année. Ce ne sera sans doute pas le dossier de Lamballe qui sera le plus compliqué. Les domaines ont fixé le prix de vente à 4 millions.

La maison du cheval

Le syndicat mixte (qui regroupe plusieurs collectivités ) veille à conserver la spécificité du lieu et à d’ores et déjà annoncé que l’endroit ne sera pas livré aux éventuels appétits immobiliers. Dans les négociations , il ne manquera pas de mettre en avant qu’il a déjà réalisé dans l’endroit de nombreux aménagements ( réalisation de l’office du tourisme à l’entrée du haras, installation du siège de Lamballe-Communauté dans une aile des bâtiments…). Il avancera aussi les efforts consentis pour faire de ce haras une véritable « maison du cheval » qui organise des visites, des spectacles, des expositions mettant en avant les nombreuses facettes de la filière équine. Le festival « Mille sabots » qui accueille a lui seul près de 20.000 spectateurs sur un seul dimanche en septembre est à ce titre emblématique.

La vérité si jument !

Et pour se convaincre , s’il le faut encore que le haras de Lamballe entend garder son parfum de cheval, on en veut pour preuve les recherches que viennent d’y mener sur place des scientifiques de l’INRA de Tours. Ils ont présenté à six étalons bretons stationnés en insémination artificielle à Lamballe un certains nombre d’ odeurs de juments avant de les livrer au mannequin de monte. Ils ont enregistré le volume et la qualité des semences et s’attachent désormais à analyser les résultats afin de mieux comprendre l’effet des odeurs sur le comportement sexuel de l’étalon en vue d’améliorer leur productivité.

 

(1) En Bretagne, le haras de Hennebont est également à vendre.

Patrick le Nen
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