ane

Lait d’ânesse. Un concentré de bienfait

La « richesse » du lait d’ânesse ou, plus globalement, d’équidé, est un peu à double-tranchant. A raison d’un litre par jour, difficile d’en faire fortune. Ce qui n’empêche pas des producteurs de faire leur tête de mule pour en mettre sur le marché tant le produit a de bienfaits. A croire que notre jouvence à la mode de Cléopâtre et notre force de canasson sont juste là, sous le ventre des poulinières…

Au quid du lait d’ânesse, il est largement question de point de vue. Qualifié à tort et à raison d’or blanc, il est loin de faire la richesse des exploitants si l’on s’en tient à son acception financière. Pour se lancer dans cette activité, en effet, mieux vaut un bon matelas!

Si l’éleveuse Morgane Leblanc peut enfin tirer un smic après cinq années d’exercice et si tant est que ce soit le minimum syndical du bonheur, il semble que ce soit loin d’être le cas de tous, qui mettent souvent la clef à la porte. En France, ils seraient une petite centaine de producteurs de lait d’ânesse, dont trois en Bretagne. Un effectif plus ou moins vrai car variable, tant l’activité est sur un terrain mouvant. Ça ouvre et ça ferme à tout-va.

N’importe comment, le souci du lait d’ânesse est question de productivité: « Pour donner un ordre d’idée, quand une vache produit en moyenne 25 litres par jour, il ne faut pas compter plus d’un litre pour une ânesse », pose Morgane Leblanc comme un problème somme toute relatif.

poneyLe secret de Cléopâtre

La rentabilité, en effet, ne réfrène pas la hardiesse de certains de ces producteurs qui ont choisi un métier par passion. La douceur des prés, celle des animaux et la profonde démarche éthique de mettre des produits naturels sur le marché suffisent à animer ces petits exploitants.

Les vertus du lait d’ânesse sont connues depuis la nuit des temps. Cléopâtre aurait ainsi entretenu sa beauté et sa jeunesse (Elle possédait un troupeau d’environ 700 ânesses), et les bains quotidiens au lait d’ânesse auraient, dit-on, également fait la jouvence de Néfertiti et de l’impératrice Poppée.

A Rennes, la société Noham formule justement des cosmétiques à partir de matières premières naturelles sélectionnées pour leurs propriétés prestigieuses, dont le lait d’ânesse.

Dans sa recherche de produits authentiques, Noham s’oriente vers des matières premières issues de l’agriculture biologique qui impliquent certes des petits volumes de production mais qui ont le méritent d’entrer dans une démarche globale préservant toutes les molécules actives. Noham, qui justement se fournit chez Morgane Leblanc, productrice de la marque Azalane (cures, savons) près de Vitré (35), dans le village de Saint-M’Hervé.

Le lait d’ânesse, un remède de cheval

Pour elle comme pour Isabelle Kerignard, qui élève de son côté des poneys de race Hafflinger à la Jumenterie des crinières blanches à Roudouallec (29), le lait d’équidé fait l’unanimité. D’un côté comme de l’autre, c’est le même son de cloche: «Les similitudes de l’organisme de l’homme et de celui du cheval sont telles que le lait du second peut tout à fait se substituer au premier». De là à pallier les déserts médicaux des ruralités, on ne s’aviserait pas, mais chez Morgane Leblanc, on n’a paraît-il pas consulté de médecin depuis cinq ans…

Si chacune d’elles commence à produire des savons, le lait d’équidé, « souverain dans les défenses immunitaires » vaudrait un bon coup de fouet. Outre ses propriétés antibiotiques, anti-inflammatoires et antidépresseurs, on lui attribue une action antioxydante sur l’organisme, la vitalité des intestins et des fonctions énergétiques, la tonicité interne des couches supérieures de l’épiderme, le renforcement des défenses naturelles de l’organisme, ou encore le soulagement des rhumatismes, affections articulaires ou cardiaques.

Tandis qu’Isabelle Kerignard propose des doses de lait congelé, Morgane Leblanc est de son côté diplômée en chimie, ce qui lui permet de réaliser elle-même la lyophilisation et la saponification à froid dans un souci de traçabilité. Et à Roudouallec comme à Saint-M’Hervé, ce sont dans des environnements bio et de permaculture que les animaux ont la vie belle. Ils la mènent au pré, et les ânons et les poneys gardent l’exclusivité sur le mamelon jusqu’à leurs trois mois. Sevrage en douceur jusqu’à leur premier anniversaire, tandis que les éleveuses traient les mères deux fois par jour.

Manon Motir
Laisser un commentaire

Votre adresse email sera publiée. Les champs obligatoire sont marqués par un *

viderValider