Les sites d'abattage et de transformation de porcs.

Les sites d'abattage et de transformation de porcs.

L’agroalimentaire breton glisse vers l’Est

Le centre de gravité de la Bretagne se déplace vers l’Est. Cela, on le savait depuis longtemps déjà à la lecture des évolutions démographiques indiquant un basculement progressif. Dans le domaine économique, le phénomène est lui aussi de plus en plus visible comme en témoignent les cartes de l’agroalimentaire breton publiées par Bretagne Développement Innovation. Elles ont le mérite de situer la localisation  de chaque entité agroalimentaire avec indication des effectifs.

Le constat est particulièrement manifeste sur les cartes des abattoirs et unités de transformation de porcs (1,1 million de tonnes, 58% des abattages français) et de bovins (37% des abattages nationaux de veaux bouchers et 26% des gros bovins). Un simple coup d’oeil sur ces deux cartes suffit à saisir une évolution progressive vers l’Est dont la manifestation la plus spectaculaire s’était traduite, en 2013, par la fermeture de l’abattoir Gad de Lampaul-Guimiliau (Finistère, 800 salariés) qui avait fait les frais d’un arbitrage en faveur de l’abattoir Gad de Jossselin (Ille-et-Vilaine). Malgré l’abandon de l’écotaxe qui ajoutait un handicap supplémentaire à l’Ouest breton, déjà bien empêtré dans le crise, c’est l’abattoir finistérien qui avait été sacrifié. Celui de Josselin, on le sait, connut par la suite des difficultés avant sa reprise par Intermarché et maintien de 550 des 750 emplois. A une bien moindre échelle, le même arbitrage se produit actuellement dans la société Capitaine Houat. L’unité de production de Plougasnou (Finistère, 37 salariés) va fermer alors que celle de Lanester (56) est renforcée.

70.000 salariés

Peu à peu, ces transferts vident le département de la pointe bretonne et on ne peut pas dire que le Pacte d’avenir pour la Bretagne, signé dans la foulée de la crise de l’écotaxe et du mouvement des Bonnets rouges, ait produit beaucoup d’effets en faveur de l’Ouest breton qui fut pourtant à la pointe pour obtenir ce Pacte. Et qui, de toute évidence, a besoin de mesures de soutien.

Globalement, cependant, l’agroalimentaire breton a évolué dans le bon sens au cours de ces dernières années, indique Bretagne Innovation Développement. Avec 70.000 salariés, soit plus du tiers des emplois industriels bretons, l’agroalimentaire a certes enregistré un mouvement de concentration défavorable à la façade ouest, mais il s’est traduit par une amélioration des outils et une meilleure valorisation des carcasses. Plus d’élaboration de produits, plus d’ateliers de préparation et d’unités vente-consommateurs, plus de débouchés… La crise a provoqué d’indispensables évolutions.

 

 

 

 

 

Pierre Vincent
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