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Un label pour le granit breton

A la Vallée des Saints de Carnoët, le doute n’est pas permis. Toutes les statues géantes de ce sanctuaire niché au coeur de la Bretagne ont été réalisées dans du granit breton. La pierre arrive en bloc avant d’être livrée aux mains expertes des sculpteurs.

Mais ailleurs, comment être sûr que le granit moderne de nos rues ou de nos édifices provient bien d’une carrière bretonne ? Rien jusqu’à ce jour ne permettait de distinguer l’origine et Brest fut même le théâtre d’une sévère polémique, il y a quelques années, quand des élus apprirent que la pierre utilisée pour embellir le centre-ville venait de Chine. N’y avait il pas là une grosse bourde,

voire une véritable injure au granit breton qui a si durablement marqué les paysages et les édifices bretons depuis des siècles ?

Importations en forte hausse

Certes, il y a l’argument du prix et il pèse de plus en plus pour des municipalités mises au régime maigre mais toujours très attachées à cette pierre. Du coup, le granit d’importation a fait un bond spectaculaire, passant de 125.000 tonnes en 1997 à 470.000 en 2015. Comment lutter dans ces conditions, si ce n’est en certifiant l’origine du produit et les conditions dans lesquelles il a été extrait et façonné en respectant les règles (notamment sociales) imposées en Europe ? Les distorsions de concurrence sont trop manifestes sur ce plan-là.

Les granitiers bretons étaient donc depuis longtemps convaincus de la nécessité d’une labellisation mais contrairement aux produits alimentaires, cette possibilité n’existait pas. Jusqu’au vote d’une nouvelle loi, en 2014, ouvrant la possibilité aux produits industriels et artisanaux non alimentaires d’obtenir eux aussi une « Indication géographique protégée » (IGP). Dès avril 2015, une association bretonne IG Granit se mettait en place et il ne lui a pas fallu beaucoup plus d’une année pour obtenir ce label régional.

La nouvelle a été accueillie avec la satisfaction que l’on devine par cette profession qui totalise en Bretagne une centaine d’entreprises et 800 salariés en extraction et façonnage. Avec une répartition géographique très homogène puisqu’on trouve des carrières aussi bien à Louvigné-du-Désert (Ille-et-Vilaine) qu’à Brennilis (Finistère), Perros-Guirec (Côtes-d’Armor) ou Bignan (Morbihan).

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