Valle des saints Carnoet : Ile de Paques en Bretagne

La Vallée des Saints à pas de géant

« On avance à pas de géants ». Philippe Abjean, le très inspiré initiateur de la Vallée des Saints peut contempler avec satisfaction le site de Carnoët, non loin de Carhaix, où s’étoffe chaque année un peu plus l’île de Pâques bretonne. Les statues monumentales de trois à quatre mètres de hauteur s’alignent les unes après les autres et le pari qui avait été fixé en 2008, lors de la création de ce ce site, sera tenu : il y aura bien déjà cent statues sur pied en 2018, quand on soufflera les dix bougies de cette oeuvre à nulle autre pareille.

Des granits bretons de toutes couleurs et de toutes origines arrivent ici par bloc et sont sculptés sous l’oeil du public qui peut accéder gratuitement à cette multiplication des saints, un peu moins rapide mais encore bien plus spectaculaire que la multiplication des pains.

De saint Elouarn à saint Nouga

Cette année 2016 est particulièrement prolifique puisque 16 nouvelles statues auront rejoint le site à la fin de l’été ce qui portera le total à 78. Il ne restera donc plus que 22 nouvelles œuvres à réaliser pour que l’association tienne son pari des 100 statues pour 2018.

Elouarn, Nicodême, Eruac ou encore Moë figureront bientôt dans le sanctuaire de Carnoët et parmi les saints attendus, on trouve également Nouga qui ne venait probablement pas de Montélimar. Tous ces saints bretons, dont la plupart non reconnus par l’Eglise, sont issus des grandes migrations celtiques des Ve et Vie siècles quand des populations  d’Irlande, du Pays de Galles ou encore d’Ecosse vinrent trouver refuge dans la péninsule armoricaine pour fuir les Saxons. Parmi eux, beaucoup s’installèrent comme ermites ou fondèrent des monastères et furent élevés au rang de saints bien plus par tradition locale que par sanctuarisation papale. Dans cette vallée, ils sont aujourd’hui la trace d’une culture et la signature d’un nouveau patrimoine auquel participent nombre de sculpteurs. Parmi eux, trois étrangers dont un Syrien, nouveau venu dans ce sanctuaire pour symboliser le caractère très oeucuménique de cette oeuvre monumentale.

Pierre Vincent
1 Commentaire
  1. alain LE CLERE

    Lors des migrations de la fin de l »empire romain, il y eu aussi beaucoup de Bretons de l’actuelle Angleterre et de Cornouaille britannique, ne l’oublions pas. Bien plus que d’Irlande ou d’Ecosse, s’il y en eu.

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