La semaine des trois jours fériés

Des jours fériés qui tombent un dimanche, c’est pas du boulot ! Ce mois de mai est donc amputé des 1er et 8 mai qui permettent de faire des ponts, voire même des viaducs quand ils tombent du jeudi. Le travailleur s’en désole mais le Président s’en console puisque des jours fériés en moins, c’est bon pour le Produit intérieur brut et l’emploi, donc bon pour le pari de François Hollande qui est décidément gâté ces jours-ci. Car lui, il a eu droit à la semaine aux trois jours fériés. Lundi, la saint-Périscope avec le contrat des sous-marins pour l’Australie. Mardi, la sainte-Inversion avec le retournement du marché de l’emploi et 60.000 chômeurs de moins en catégorie A. Et mercredi, la sainte-Interruption avec la baisse sensible du nombre de liquidations et de dépôts de bilan en ce premier trimestre. L’Ouest profite de ces bonnes nouvelles puisque la baisse statistique du chômage, en mars, est plus forte qu’en moyenne nationale et que le contrat mirifique avec l’Australie va bénéficier aux sites de DCNS de Brest, Lorient et Nantes ainsi probablement que le site Thalès de Brest et son millier de salariés. Qualifié de contrat du siècle, cet accord vient après un autre contrat-record signé en début de mois par le chantier STX de Saint-Nazaire qui a enregistré, d’un coup d’un seul, la commande de quatre paquebots. Avril aura vraiment été le mois des superlatifs.

Mais il y a un domaine pour qui ces mois d’avril et mai ne resteront pas dans les meilleures annales, c’est le tourisme. Les professionnels ont le sentiment de ne pas avoir eu de vacances de Pâques cette année, tant l’absence des visiteurs a été patente sous la cloche d’une météo parfois hivernale. Et privé de deux fériés, mai ne s’annonce pas non plus sous les meilleurs auspices alors qu’il marque traditionnellement le début de la saison et des rentrées de trésorerie après un hiver toujours trop long. Ces considérations peuvent paraître dérisoires en ces temps d’annonces spectaculaires. Ce serait oublier que le tourisme, en Bretagne, pèse bien plus en termes d’emplois que DCNS, Thalès et les chantiers de Saint-Nazaire réunis. Des emplois garantis non délocalisables.

René Perez
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