La « normalité » chinoise profite à la Bretagne

En moins d’un trimestre, le cours moyen du porc au marché de Plérin est passé de 1,08 € à 1,42€. Une envolée soudaine qui, dans un contexte exécrable, a ressemblé à un cadeau tombé  du ciel. Mais ce n’était point les cieux. Juste la Chine dont les interventions sur les marchés ont un effet hautement amplificateur, tant leurs offres comme leurs demandes sont généralement calibrées XXL.

Cette fois, c’est le porc qui en bénéficie à une période charnière mais le lait lui aussi a connu les effets de l’attraction chinoise, symbolisée par l’ouverture de l’usine Synutra de Carhaix, financée par et pour les Chinois.

Les deux cas relèvent de ce que le Pdg de Bank of China France, Nhay Phan, appelle la nouvelle « normalité économique »  chinoise. Il est venu en parler à Bréhan (Morbihan) devant un parterre de chefs d’entreprises bretons en expliquant que son pays n’est plus guidé par la seule obsession de la productivité et de l’exportation mais qu’il a pris conscience de la nécessité d’avoir une économie plus verte et des normes sanitaires plus rigoureuses.

Dans les deux cas du lait puis du porc, ce  sont ces orientations nouvelles  qui ont entraîné le premier grand appel d’air chinois. Le scandale du lait frelaté, avec dizaine de décès de nourrissons, a révélé à quel point la production chinois échappait aux normes mêmes les plus élémentaires. La perte de confiance des consommateurs  dans leur propre élevage explique, en grande partie, cet élan massif dans des achats de lait à l’étranger et les implantations d’usines hors-Chine pour approvisionner un marché structurellement déficitaire et psychologiquement affecté.

Idem pour le porc : c’est l’introduction de nouvelles normes sanitaires plus strictes qui a entraîné des abattages de truies et mêmes des fermetures d’élevages. Avec, là encore, une demande massive à l’étranger dont les producteurs européens ont largement profité, tant il a été synonyme de remontée brutale des cours. La Chine, après des années complètement débridées, a pris conscience qu’il coûte moins cher de ne pas polluer que de dépolluer et en partant de ce postulat, toute son économie entame un virage plus vertueux qui profite aussi à l’élevage breton.

Mais à ce jour, et contrairement à d’autres régions françaises, la Chine n’a pas manifesté d’intérêt pour l’achat de terres bretonnes. La taille et les disponibilités ne sont pas à la mesure de l’appétit chinois. Et ici personne ne s’en plaindra…

René Perez
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