schlagloch IV

La Bretagne, ses volailles, ses nids de poules…

La Bretagne est la première région productrice de volailles en France. Mais au fil des ans, elle voit aussi augmenter sa production de nids de poules, phénomène de plus en plus perceptible sur les 70.000 kms de voies routières qui irriguent la région. Cette forte densité, liée à la ruralité de la Bretagne, pèse sur le budget des collectivités locales, si on excepte les routes nationales qui sont à la charge de l’Etat. Et quand il faut se serrer la ceinture, c’est d’abord sur les routes que les élus locaux resserrent un ou deux crans car l’effet est immédiat sur leurs finances. Une route entretenue tous les dix ans, ne le sera plus que tous les quinze ans. Et cela finit par se voir.

Les professionnels inquiets

Les usagers râlent parfois. Et ils ne sont pas les seuls : le SPIR Bretagne, syndicat régional des entreprises de travaux routiers, vient d’adresser un dossier aux élus bretons pour les alerter sur la double conséquence de ces effets de report. Sur leur niveau d’activité et donc d’emploi, en baisse sensible sur ces dernières années, mais également sur les conséquences d’un manque d’entretien des routes.

Car certes, la Bretagne n’est pas la Roumanie. Mais la SPIR, dans le sillage de sa campagne « Non aux nids de poules », veut apporter la démonstration qu’il coûte moins cher d’entretenir régulièrement que de laisser une route se dégrader, au risque de devoir la refaire à grands frais. Les fissures sur le revêtement, l’eau stagnante dans les fossés, les déformation de chaussées… Sans intervention régulière, il faut lancer plus tard des réparations lourdes et coûteuses, argumente le syndicat.

Des départements pas égaux

Le problème, c’est que les collectivités locales se disent toutes étranglées depuis que l’Etat a décidé de rogner drastiquement les dotations qui leur sont accordées. C’est le cas essentiellement des conseils départementaux (ex-conseils généraux) qui ont la très lourde charge des routes départementales. Pris en tenaille entre les baisses de dotations et des charges qui augmentent (aides aux personnes âgées, RSA, allocations handicapés…), tous les départements sans exception ont rogné sur le budget qu’ils consacrent aux routes. Avec plus ou moins d’ampleur. Et des conséquences plus ou moins visibles.

Les conseils départementaux n’ont en effet pas les mêmes ressources fiscales. Si on compare les départements voisins des Côtes-d’Armor et du Morbihan, on peut pronostiquer sans risque de se tromper que les nids de poules seront plus nombreux et plus profonds dans la campagne costarmoricaine que sur les routes morbihannaises. Les valeurs locatives et foncières sur lesquelles reposent une grande partie des ressources des départements sont bien plus importantes dans le Morbihan, grâce à sa florissante et prospère zone côtière. Les taxes foncières et les droits de mutation sur chaque vente immobilière assurent à ce département des rentrées fiscales bien plus importante que son voisin, à la population pourtant quasi-identique. Et donc moins de nids de poules.

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