Le Drian : « Nous aussi nous allons attaquer »

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Cette spécialisation tient aussi à la présence de l’Armée qui a développé des systèmes sophistiqués de cyberprotection car, aujourd’hui, il n’est pas exclu que des terroristes puissent prendre à distance les commandes d’un char sur un champ de bataille. On mesure l’impact d’un détournement et donc l’importance d’un système de sécurité sans la moindre micro-faille, désormais l’une des composantes cybersecuritémajeures du service Maîtrise de l’Information de la Direction générale de l’Armée (DGA-MI) implanté depuis 1968 à Bruz près de Rennes, où il emploie plus d’un millier d’agents.

La présence de ce centre de DGA-MI sur ses propres terres ne pouvait que sensibiliser Jean-Yves Le Drian à l’impérieuse nécessité de renforcer la lutte contre la cybercriminalité, dans le domaine civil comme militaire. Président de la Région puis ministre de la Défense c’est lui qui, en 2014, a lancé ce pole d’excellence en Bretagne (« Je veux créer un Breizh cyber cluster », avait-il dit à l’époque) en annonçant notamment le renforcement du centre de Bruz avec 200 emplois supplémentaires pour le Centre d’analyse en lutte informatique et une Compagnie de combat cyber-électronique, dotée de plus d’une centaine d’agents. C’est le bras armé au service de la nouvelle doctrine énoncée par Jean-Yves Le Drian il y a deux ans : « Nous ne nous contenterons plus de défendre. Nous aussi, nous allons attaquer ». Surtout à une époque où Daesh envahit l’espace numérique, même si on sait que les grands spécialistes des cyber-intrusions se trouvent plutôt du côté de la Russie ou Israël.

Un secteur d’activité à fort potentiel

Le ministre de la Défense a donc incontestablement pesé sur la constitution puis la croissance de ce pôle de cybersécurité qui compte aujourd’hui 130 entreprises totalisant plus de 2.000 emplois en Bretagne, sans compter ceux de la Défense qui ont leur propre filière de formation. Comme la nouvelle chaire de cybersécurité à l’école navale de Lanvéoc, dans la rade de Brest, ou celle de Saint-Cyr Coëtquidan.

A une moindre échelle, Jean-Yves Le Drian aura joué le rôle tenu jadis par Pierre Marzin, Breton et directeur général des Télécommunications qui, en 1961, fit venir le CNET à Lannion (Centre national d’études des Télécommunications). On sait à quel point la vie du Trégor en fut changée.
Avec la cybersécurité, on n’en est pas tout à fait là mais les 2.000 emplois actuels illustrent la montée en puissance de ce secteur d’activité au fort potentiel de croissance, qu’il s’agisse de défendre un bâtiment militaire ou une usine de lait. Ce rapide développement a cependant un inconvénient : la difficulté de recrutement faute d’ingénieurs en nombre suffisant. Voilà pourquoi, à Vannes, élèves et professeurs se lancent régulièrement dans des combats acharnés.

 

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