Les jeunes Parisiens lorgnent sur Rennes

La Bretagne attire les retraités. Depuis que les nombreux enfants du baby-boom de l’après guerre ont commencé à basculer dans la catégorie séniors, la péninsule armoricaine a vu grimper son solde démographique, surtout le long du littoral. C’est là que les retraités décident très majoritairement de poser leurs valises, avec une prédilection pour le sud-morbihannais, du moins s’ils en ont les moyens, ou pour les côtes finistériennes et costarmoricaines si leurs ressources sont plus limitées. Statistiquement, l’Ille-et-Vilaine attire moins pour une raison simple : son littoral est moins étendu mais pas le moins cher, surtout du côté de Saint-Malo – Dinard.

En revanche, dans les jeunes générations, l’Ille-et-Vilaine est une véritable pompe aspirante, portée par l’attractivité de l’agglomération rennaise. En moyenne chaque année, Rennes-Métropole enregistre l’arrivée de 20.000 jeunes de moins de 25 ans dont une grande part va grossir les rangs de l’université. A 79 % ils viennent de l’extérieur de l’Ille-et-Vilaine, parmi lesquels 29 % arrivant des autres départements bretons, selon une étude de l’Insee publiée l’an dernier. Par simple soustraction, on en déduit donc qu’environ 50 % arrivent de l’extérieur de la Bretagne, dont une partie de la région parisienne.

Et le mouvement devrait s’amplifier pour au moins quatre raisons. La première, c’est la bonne santé économique de Rennes-Métropole, où les créations d’emplois se multiplient, notamment dans le secteur très porteur du numérique (second pôle français de créations d’emplois après Grenoble) et que dans le même temps, l’agglomération concentre 80 % des nouveaux logements construits en Bretagne. Un chiffre qui claque ! Second facteur, la très forte attractivité de Rennes qui se fait tresser des couronnes au fil des palmarès. Elle a récemment été désignée lauréate des villes françaises où il fait bon vivre et travailler avant d’entrer, quelques semaines plus tard, dans le Top 10 des villes européennes où l’on ressent le plus de plaisir à aller au travail. Il est vrai que l’agglomération concentre une majorité d’emplois dans le secteur public et le numérique où les postes de travail ne sont pas les plus éreintants.

Troisième élément, et non le moindre, la mise en service de la ligne LGV sur tout le tronçon Paris-Rennes. Entrée dans le cercle des villes à 1h30, l’agglomération rennaise est désormais dans la grande banlieue parisienne, ce qui la rend encore plus attractive pour les jeunes Parisiens en quête de ville plus facile à vivre que l’éprouvante capitale. Et puis, ceci expliquant cela, Paris devient hors de prix, et pas seulement dans le domaine immobilier. Le magazine américain The Economist vient d’établir son palmarès mondial des villes où la vie est la plus chère, en prenant des paramètres comme les loyers, les transports, la nourriture, l’énergie, l’habillement…

And the winners are : 1. Singapour. 2. Paris, 3 . Zurich. Certes, le cours de l’euro pousse vers le haut les villes européennes (la moitié du Top 10) mais ce classement apporte la confirmation que Paris est une métropole de plus en plus compliquée pour les jeunes générations, tentées de se tourner vers des villes de province proches de la capitale et portées par leur marché de l’emploi.

René Perez
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