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Jean-Pierre Marielle. Le paumé de Pont-Aven

Après son pote Jean Rochefort, Jean-Pierre Marielle s’en est allé au Cinéma Paradiso. Là où, disait Philippe Noiret, « j’espère rencontrer Dieu et qu’il me dise : « C’était bien, mais on la refait ».

Le très populaire acteur à la voix caverneuse doit une partie de sa carrière à un film plutôt classé de série B, les Galettes de Pont-Aven. Et qui devint pourtant culte, au point d’être parfois comparé aux Valseuses, pour son côté libertaire, bien dans la veine de ces années 70 où toutes les conventions volaient en éclats pendant que les tenues légères volaient par dessus les moulins.

Il était impayable, Marielle, dans ce rôle de vendeur de parapluies un peu paumé, décidant du jour au lendemain de tout larguer pour répondre à sa passion de la peinture. Et de s’installer, comme Gauguin, dans un hôtel de Pont-Aven où il puise son inspiration bien plus dans la rotondité des femmes que dans le relief des paysages bretons.

Plus d’un million d’entrées

mais surtout dans les villes

Les images de Pont-Aven et de sa région sont un hommage à la Bretagne. En revanche, le film donne à voir une population plutôt arriérée et bien dans le ton habituel de certains cinéastes quand ils parlaient de la province. La Bretagne n’avait pas encore fait sa révolution culturelle, Plogoff n’était encore qu’un paisible village et dans certaines fermes, il y avait encore de la terre battue. Alors forcément… Mais quel cinéaste oserait aujourd’hui demander à Dominique Lavanant de faire le tapin en costume traditionnel breton et coiffe de Pont-Aven avant de lancer une des répliques cultes du film : « Viens ici laver ton Jésus » ? Ma Doué beniguet !

Cette parodie de la province valut au réalisateur du film, Joël Séria, le retour de bâton dans les salles. S’il a dépassé le million de spectateurs, score très honorable pour un film à petit budget, « Les galettes de Pont-Aven » fut essentiellement vu par les Parisiens et les habitants des grandes villes. Dans la province profonde, il fut un peu trop pris au premier degré. Et donc boudé pour sa façon de peindre les provinciaux…

Bretagne Bretons
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