iroise

Jean-Michel Le Guennec : « Ne pas confondre diffusion locale et information locale »

Jean-Michel Le Guennec, Directeur Régional de France 3 Bretagne, réagit aux nombreuses publications survenues suite à l’annonce, lundi dernier, de la clôture de l’édition locale France 3 Iroise au bénéfice d’une édition globale régionale pilotée par Rennes, effective au 1er janvier 2018.

Après 25 ans d’édition locale en Finistère, qu’est-ce qui a motivé ce choix ? Émane-t-il de Rennes ou d’une démarche nationale ?

C’est un constat d’ordre national depuis des mois, voire des années, qui concerne l’évolution des équipements de réception (ADSL, Box, Satellite). À l’échelle du Finistère, seulement 40 % des Finistériens peuvent accéder à l’édition Fr3 Iroise sur leur téléviseur. Depuis le premier janvier, chaque responsable régional a un cadre d’action – en accord avec la hiérarchie – pour répondre à cette problématique et à celle du nouveau découpage des régions. Nous sommes en capacité de répondre à ce défi et de garantir une meilleure visibilité de l’information de proximité.

Suite à cette annonce, beaucoup s’inquiètent de voir de moins en moins d’actualités et de sujets de la pointe de la Bretagne…

Qu’ils se rassurent, il y aura même plus de contenus encore, travaillés sur différents formats et sur différentes temporalités. Editions du 12/13 & 19/20, magazines d’informations, numérique… Il ne faut pas confondre diffusion et information locale. Il n’y a par exemple aucune menace sur l’édition en langue bretonne An Taol Lagad, bien au contraire : compte-tenu de la croissance du nombre de personnes bretonnantes et d’apprenants – y compris à Rennes -, nous maintenons et ouvrons cette édition à plus grande échelle.

Quid des 22 salariés permanents de la pointe ?

Je comprends leur réaction : nous sommes tous attachés à ce que nous faisons ! Quand cela fait 20 ans que l’on y travaille, le monde s’écroule quand la pagination change. Mais il faut s’adapter, et il n’est en aucun cas question de supprimer des postes. Nous avons besoin de tous les talents. J’insiste : notre démarche n’est pas de l’ordre de l’économie par suppression d’emplois, nous nous sommes engagés à maintenir les postes.

Et dans leur travail, ça va changer quoi ?

Nous avons trois mois pour établir une feuille de route ensemble. Il va falloir repenser l’édition régionale, les émissions, notre façon de partager l’information, nos supports… Tout le monde est appelé à se mettre en mouvement pour diversifier nos modes narratifs et nos modes d’expression. Ils seront bien sûr consultés ! Nous soumettrons un projet qui sera amené à évoluer et à être adapté en écoutant les uns et les autres.

Comment piloter une ligne éditoriale à 250 km de distance ?

Ce qui m’importe, ça n’est pas que Rennes pilote ! Si Rennes a un pouvoir décisionnel, tout l’intérêt de notre future édition régionale est d’avoir une écoute territoriale, qui passe forcément par la proximité. Un journal, ça se produit : Il y a forcément de l’actualité chaude, mais quand on conçoit un journal, on se fonde sur de l’information prévisible. Nous avons clairement ici une feuille de route partagée et allons faire en sorte que le travail des journalistes de Rennes, Brest, Quimper, Lorient et Saint-Brieuc soit visible par le plus grand nombre, sur tous supports.

Fanny Degorce
Laisser un commentaire

Votre adresse email sera publiée. Les champs obligatoire sont marqués par un *

viderValider