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Jacques Enjalbert.  » L’amour du mutualisme de Marylise Lebranchu me semble assez récent »

Dans la réponse qu’elle nous a faite parvenir suite à notre article « Lebranchu contre CM Arkea. Les dessous d’une rupture« , l’ancienne ministre revendiquait sa proximité avec Jacques Enjalbert, ancien membre du conseil d’administration du CMB et ancien directeur général adjoint de Brit Air, dont elle fut une collaboratrice. Mme LeBranchu affichait ainsi sa proximité avec le CMB et légitimait son action en temps qu’opposante au projet d’indépendance du CM Arkea. Or, il se trouve que Jacques Enjalbert nous a interpelé, à son tour. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les deux ne sont vraiment pas sur la même longueur d’ondes, qu’il s’agisse de l’implication de Mme Le Branchu ou de sa connaissance du dossier.
Voici son texte en intégralité.

 

Il ne faut pas réveiller le chat qui dort ! Nommément cité dans votre revue par Mme Lebranchu, je me vois obligé de corriger certaines “inexactitudes” pouvant influencer vos lecteurs.

J’ai connu Marylise Lebranchu lorsqu’elle était attachée parlementaire de Marie Jacq, députée du Finistère. Au cours de l’année 1991 le groupe Britair, présidé par Xavier Leclercq et sa filiale Icare, dont j’étais le président, ont failli être victimes de ce que l’on peut appeler un attentat à la trésorerie avec la complicité des banques de la place, à l’exception notable du CMB de Louis Lichou.

Marie Jacq joua un rôle essentiel pour nous permettre d’échapper à l’impasse de trésorerie et Louis Lichou un rôle tout aussi essentiel pour le soutien bancaire de l’entreprise. La reconnaissance que nous devons à l’action de ces deux personnages aujourd’hui disparus ne doit permettre à personne de s’en accaparer indûment le mérite.

Après le retrait de Marie Jacq de la vie politique, Marylise Lebranchu se retrouvant sans emploi, il me sembla normal, les ascenseurs fonctionnant dans les deux sens, de lui proposer un emploi à mi-temps en attendant les élections suivantes.

Voici pour l’aspect “collaboratrice” qui dura 6 mois.

Pour le deuxième point, le CM Arkéa n’a pas de Board mais un conseil d’administration que j’ai quitté il y a deux ans, les statuts fixant une limite d’âge raisonnable. Ayant été assez proche des dirigeants de CM Arkéa pendant ces dix dernières années du fait de
mes fonctions d’administrateur, je n’ai pas le souvenir de contacts fréquents avec Mme Lebranchu, en particulier sur le fond du dossier de l’indépendance et des relations confédérales.

Sur le fond, justement, la Bretagne a été construite économiquement en grande partie par ses entrepreneurs ayant, en plus d’une vision industrielle, un souci d’aménagement de leurs territoires, aidés en cela par des hommes et femmes politiques de la trempe de Marie Jacq, ou Alphonse Arzel, pour ne parler que de ceux qui ont disparu.

C’est dans cette histoire que s’inscrit CM Arkéa, ETI Bancaire et success story bretonne créatrice d’emplois et de développement pour la Bretagne et le Sud-Ouest. C’est cette motivation, jointe à la reconnaissance du soutien du CMB en 1991, qui ont fondé mon engagement dans cette entreprise et son combat pour l’indépendance.

L’autre modèle, défendu bec et ongles par Mme Lebranchu, s’appelle la centralisation et donne des résultats édifiants: Britair à Morlaix, 90 personnes en 1987, plus de 1300 en 2001 au moment de la prise de contrôle par Air France, fondu aujourd’hui dans la nébuleuse HOP. Sur les 350 emplois localisés à Morlaix (en fait 290 sur le site dont 45 chez HOP ! training – ex-Icare – centre de formation NDLR), il n’en restera bientôt plus aucun! Le silence des politiques locaux est assourdissant.

Au-delà des inexactitudes de la réponse de Marylise Lebranchu que je devais corriger, je reste perplexe sur les motivations qui l’animent, son amour du mutualisme me semblant assez récent et sa connaissance des enjeux du dossier confédéral assez incomplète.

Jacques Enjalbert

 

 

Julien Perez
2 Commentaires
  1. Pierre

    Ce personnage, Marylise Lebranchu, est de la même trempe que ces politiciens carriéristes, qui n’ont aucun intérêt à remettre en cause le centralisme et ne militeront pas pour le développement local, car ce serait la fin pour eux!

  2. DIDIER LEGRAND

    Ce qui était hier un commentaire de l’ex-président, ex-administrateur devient pleinement un article aujourd’hui, dont acte.
    Mon commentaire d’hier, ici réitéré, n’est et ne sera qu’un commentaire.
    « Il est quand-même étonnant qu’il faille autant de lignes à ce Monsieur pour nous expliquer que Madame Lebranchu n’a pas été sa collaboratrice mais affirmer avec inélégance, voire mépris, de quelle manière elle l’a quand-même été, pour lui reprocher l’usage de l’anglicisme « board » et nous parler de « success story » l’instant d’après, pour parler du centralisme de Confédération quand son rôle a été défini par une Ordonnance prise par le Président du Conseil dénommé Charles de Gaulle il y a 70 ans et 7 jours, pour accommoder à la sauce Arkéa la vérité concernant Britair (ex. : un an après avoir perdu les 2000 emplois de Mitsubishi Téléphones Mobiles, le Pays de Vitré avait retrouvé son effectif global d’emplois industriels, le seul indicateur intéressant), pour louer trois personnages politiques avant de s’indigner du silence assourdissant des politiques locaux ! Bon petit soldat de la comm’ de Arkéa.
    Je ne suis pas du bord politique de Madame Lebranchu, mais je sais qu’elle et son action sont reconnues et respectées au-delà des frontières partisanes, et j’aurai aussi ma part d’inélégance en affirmant que le nom d’une Garde des Sceaux a plus de chance de passer à la postérité que celui d’un administrateur fédéral de Arkéa, fut-il l’ex-président de Icare. »
    D. Legrand

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