Investir en Finistère : les entrepreneurs au service du territoire

Investir en Finistère est une association dont la mission est de défendre l’attractivité du département. Depuis 2001, elle rassemble les chefs d’entreprises les plus influents du territoire et apporte régulièrement une réflexion concrète sur l’avenir économique de la pointe Bretagne. Denier épisode en date : le défi de l’accès à la mer. Entretien avec Françoise Le Lann, la directrice d’Investir en Finistère.

Qu’est-ce qu’Investir en Finistère ?

Investir en Finistère a été créé en 2001, à l’initiative de cinq membres fondateurs : les 3 Chambres de Commerce et d’Industrie du Finistère ainsi que le Crédit Mutuel Arkéa et le Crédit Agricole. L’association a pour but de favoriser la promotion des intérêts économiques du Finistère. Plusieurs éléments ont concouru à sa création dont le recensement en 1999 de l’INSEE qui a placé, pour la première fois, le Finistère derrière l’Ille Et Vilaine en terme de population parmi les départements bretons. L’idée n’était pas de créer un club avec beaucoup d’adhérents, mais plutôt un club avec des acteurs économiques majeurs comme les gros employeurs représentatifs du territoire et de ses différents secteurs d’activités. Aujourd’hui , Investir en Finistère compte une trentaine de membre qui emploient 60 000 salariés, dont 35 000 en Finistère.

Quel est l’intérêt pour les entreprises adhérentes ?

L’intérêt pour ces entreprises est de favoriser le développement économique du territoire et de contribuer à en accroître l’attractivité. Nous ne faisons pas directement leur promotion. Les entreprises sont chez nous car elles considèrent qu’elles ont un rôle à jouer pour le territoire. Pour ces sociétés et leurs dirigeants, c’est une mission de valoriser des actions collectives qui servent au territoire ,et donc à leur propre activité.

Comment se matérialisent les échanges ?

Nous avons trois réunions générales par an qui sont des temps de travail, d’échange ou de découverte sur des actions que l’on a à mener. Lorsque l’on a des « points chauds », nous mettons en place des groupes de travail ad hoc. C’est souvent le cas dans le domaine du transport ferroviaire, mais aussi de l’énergie avec des alertes adhérents, des alertes entreprises… Soit nous proposons des sujets, soit ce sont les adhérents qui proposent en fonction des points sensibles qui les concernent. Par exemple, Jean-Jacques Le Calvez des Transports Le Calvez nous avait prévenu des dangers de l’écotaxe en Bretagne dès 2008.

Investir en Finistère est-elle une structure efficace ?

Les adhérents nous ont confirmé qu’ils tenaient à la structure et nous en ont donnés les raisons. Tout d’abord, nous sommes une structure apolitique, asyndicale et donc indépendante des calendriers politiques. Cela nous permet d’avoir une vision pour le territoire à moyen-long terme. Ensuite, nous sommes une interface réseau qui permet des échanges entre la sphère publique et privée. Si notre principe est « zéro collectivité, zéro financement public », cela ne nous empêche pas de travailler en partenariat avec des acteurs publics sur des actions concrètes.

Quel est votre point de vue sur l’antagonisme Brest/Quimper ?

L’enjeu pour Brest est de compter parmi les métropoles. Le territoire a tout à y gagner si elle consolide son statut de métropole. Il existe cependant, il est vrai, des antagonismes, notamment avec Quimper, qui pense parfois que Brest aspire son économie. Or, en nous nous appuyant sur notre observatoire des centres de décisions privés et publics en Finistère, nous voyons que ce n’est pas vraiment le cas.

Nous avons identifié les entreprises stratégiques du département et analysé les transferts de sièges d’entreprise. Nous n’avons pas trouvé d’exemples concrets de transfert de Quimper à Brest, mais plutôt de la Cornouaille vers Lorient. La cause de ces transferts est souvent due au manque de solutions satisfaisantes des territoires par rapport aux entreprises, en particulier dans le domaine foncier / immobilier…

Comment se passent les relations entre les chefs d’entreprises quimpérois et brestois ?

L’antagonisme nord/sud reste un sujet avant tout politique qui sort totalement du cadre économique et social. Il n’y a qu’à voir la fréquentation des voies express… C’est un sujet dépassé par les Finistériens.

Ne faudrait-il pas créer une structure commune à tout l’ouest breton ?

Il y a en effet de vrais sujets communs. Si nous prenons l’aérien, il y aurait tout intérêt à avoir une réflexion conjointe autour de l’ensemble des aéroports de l’ouest breton et de leur desserte. Il ne faut pas que les frontières administratives soient une contrainte. La démarche FrenchTech Brest+ qui couvre un territoire allant de Lannion à Quimper en est un bon exemple. Si notre territoire d’action venait à s’étendre au-delà du Finistère, ce ne serait pas un frein pour nous.

Quels sont vos rapports avec la Région ?

Nous avons des rapports sur les sujets liés aux infrastructures, mais relativement peu sur les sujets de développement économique. Nous échangeons par exemple sur les mobilités dans le Finistère, et la capacité à accéder à internet de façon fluide dans les TGV Brest/Paris et Quimper/Paris. Sur ce sujet, nous avons demandé à la SNCF d’équiper prioritairement avec les dernières technologies wifi les rames qui vont jusqu’en pointe Bretagne.

L’une de vos récentes missions est d’aider les entreprises ayant des besoins de pompage d’eau de mer à s’installer dans le Finistère

Les activités maritimes sont une priorités de développement pour le Finistère et nous avons constaté que certaines entreprises du territoire avaient des besoins spécifiques de développement nécessitant l’utilisation d’eau de me. Besoins qui ne trouvaient pas toujours de réponse favorable alors que nous sommes le 1er département littoral métropolitain avec plus de 1300km de côtes.

Hemarina, par exemple, n’a pas trouvé de solutions dans le Finistère pour développer ses élevages de vers marins et est donc parti à Noirmoutier. Nous avons cherché les causes de cette migration et nous nous sommes rendus compte qu’il n’y avait aucune information recensée, exhaustive et consultable des sites éventuellement disponibles. Nous avons donc lancé une Cartographie des accès Mer pour les activités de production en Finistère – aquacoles & biotechnologies marines. Depuis la sortie de l’étude, nous avons identifié et rencontré sept (nous sommes à 11 depuis l’échange) projets avec des besoins. Les sites existants ne suffiront pas et il est indispensable que les élus réservent des espaces nouveaux pour ces activités dans les documents d’urbanisme qui sont en refonte.

Julien Perez
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