Indice carbone. 9 tonnes par Breton et par an.

Les Bretons émettent 9 tonnes de carbone par habitant et par an. C’est un peu moins que la moyenne française (9,9) mais c’est bien loin des recommandations du GIEC. Ce groupe d’experts mondiaux a calculé qu’il faudrait que chaque habitant de la planète limite ses émissions à 1,8 tonne pour freiner le réchauffement climatique. On est encore loin, très loin, même si des milliards de Terriens doivent se situer au-dessous de ce seuil en raison de leur niveau de vie, leur faible consommation et leurs transports limités. Mais eux aussi aspirent à plus de confort de vie et contribuent chaque année un peu plus aux émissions.

Donc, les Bretons ne sont pas parmi les plus gros consommateurs nationaux, mais les comparaisons entre régions restent encore très aléatoires puisque seules trois régions françaises se sont livrées à cet exercice fastidieux où on ne peut pas se contenter d’additionner les choux et les carottes. C’est à l’Observatoire de l’Environnement en Bretagne qu’a été confiée cette mission casse-tête donnant lieux à d’invraisemblables calculs, reposant sur les travaux d’une douzaine de grandes universités dans le monde et de chercheurs spécialisés dans les flux économiques et les impacts environnementaux.

Le premier enseignement, c’est que cet indice carbone des Bretons se divise en deux parties égales d’environ 50 %. La première est française, addition d’émissions directement bretonnes (17%) et venant du reste du pays (33%) pour toutes les productions et services émetteurs de gaz à effet de serre. Les autres 50 % viennent du reste de la planète pour tous les produits que nous importons avec des pointes dans certains secteurs. Pour l’habillement, par exemple, 95 % vient de l’étranger, mais doivent être intégrés dans l’indice carbone des Bretons.

C’est en effet principalement notre consommation qui est émettrice de CO2, bien plus que nos carburants comme on le pense généralement. Pour illustrer notre pollution, les écrans nous montrent généralement des pots d’échappement alors que ce sont plutôt des téléphones portables que l’on devrait montrer. Ce sont eux qui symbolisent l’hyper-consommation, de la high-tech à l’habillement, qui sont désormais la cause principale de notre indice carbone. Les logements, eux aussi, occupent une place importante dans les émissions, légitimant l’énorme investissement que le gouvernement a lancé pour en limiter l’impact, avec notamment la suppression progressive des chaudières au fuel.

Autant d’éléments qui doivent nous inciter à ne pas simplement tourner le regard vers les cheminées d’usine ou les fumées d’échappement des camions quand on parle de pollution. Car selon cette étude, 70 % de notre indice carbone vient directement des ménages. De nous donc, en fonction de notre mode de vie et de consommation.

Bretagne Bretons
Laisser un commentaire

Votre adresse email sera publiée. Les champs obligatoire sont marqués par un *

viderValider