Immobilier. La double fracture bretonne

L’immobilier en Bretagne présente de singuliers contrastes. C’est ce qui ressort des chiffres fournis par l’association des notaires bretons (cinq départements) qui vient de détailler l’évolution des prix de vente. La première tendance marquée est l’accentuation du fossé entre les métropoles, comme Nantes et Rennes, et certains secteurs ruraux. D’un côté, une pression de plus en plus forte qui fait grimper les prix dans ces villes économiquement très dynamiques et dopées par les nouvelles liaisons de TGV. De l’autre, des zones rurales où la désertification entamée de longue date est accentuée par la disparition progressive de certains services publics. Le constat vaut aussi pour certaines villes moyennes dont l’immobilier s’est dégradé ces dernières années. En une année, on peut enregistrer des baisses moyennes pouvant aller jusqu’à 10 ou 15 % dans certaines zones rurales, des chiffres diamétralement opposés aux hausses enregistrées dans les deux principales métropoles de l’ouest.

Mais cette fracture n’est pas la seule à s’accentuer. Entre l’est et l’ouest de la région, le fossé lui aussi s’élargit et le contraste est de plus en plus saisissant. Rennes a suivi l’ascension déjà entamée à Nantes et la moyenne du m² d’appartement tourne autour de 2.500 € dans l’immobilier ancien. Pour le neuf, on ne trouve quasiment plus rien à moins de 3.000 euros le m². A l’autre bout de la Bretagne, le m² est en moyenne à 1.200 euros à Brest dans l’ancien, preuve que les grandes agglomérations bretonnes ne jouent plus tout à fait dans la même cour d’immeuble.

Ces données ne constituent pas seulement des indicateurs de prix. Elles traduisent une tendance lourde, autant dans le décrochage entre les métropoles et les zones rurales qu’entre l’est et l’ouest de la région, phénomène plus marqué en Bretagne que dans les autres régions françaises. La géographie est ce qu’elle est.

Ces évolutions expliquent aussi pourquoi des palmarès nationaux, comme celui de l’Express, révèlent des podiums inattendus. L’immobilier est devenu un indicateur de plus en plus dominant dans le niveau de vie des Français, surtout celui des jeunes couples qui n’ont pas envie de passer les deux tiers de leur vie professionnelle à rembourser l’achat d’un appartement. Il n’en faut pas beaucoup plus pour que Brest se retrouve ainsi à la troisième place du palmarès de L’Express sur les villes françaises les plus agréables à vivre…

René Perez
1 Commentaire
  1. LE GOFF

    Bonjour,
    Petite coquille : Rennes et Nantes sont à l’Est et non à l’Ouest…

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