Immobilier breton. Du jamais vu depuis dix ans

Cette fois, la reprise est nette ! Après des années des morosité baissière, l’immobilier breton retrouve de la vigueur et des niveaux qu’il n’avait pas atteints depuis dix ans, avant que la crise ne vienne laminer le secteur. Il faut dire que les planètes n’ont jamais été aussi bien alignées, comme disent les voyantes et les économistes. Des taux d’intérêt historiquement bas, la loi Pinel qui met des fourmis dans les jambes des investisseurs-loueurs, la prêt à taux zéro étendu à l’ancien, la révision à la baisse des taxes sur les plus-values… Tout se conjugue pour redonner confiance aux acheteurs qui ont le sentiment qu’on a atteint cette fois le fond de la piscine et que les prix vont remonter. Le déclic a donc a été bien perceptible et c’est au pas de charge que les acheteurs, ces derniers mois, sont revenus dans le jeu.

D’une année à l’autre, tous les indicateurs font des progressions à deux chiffres sur l’immobilier breton : +20% pour les appartements anciens, +28% sur les appartements neufs, +16% sur les maisons anciennes, +15% sur les terrains à bâtir . Il faut remonter très loin en arrière pour retrouver des chiffres annuels aussi spectaculaires. Au total sur une année, 88.000 propriétés ont changé de mains en Bretagne mais ces chiffres, bien sûr, révèlent des situations parfois très disparates. Le littoral, de toute évidence, reprend du souffle et même les résidences secondaires ont meilleures couleurs, après des années de marché lézardé. Mais l’immobilier est aussi révélateur de la profondeur du fossé qui s’est creusé entre l’est et l’ouest de la Bretagne quand on relève que 80% des transactions bretonnes dans les appartements neufs ont eu pour cadre l’agglomération rennaise. 80% ! Rennes et son arrière-pays ne sont plus sur la même planète.

Il n’empêche : cette reprise très marquée est une bonne nouvelle pour le secteur de la construction mais aussi pour les finances des Départements. Etranglés par les charges sociales que l’Etat leur a mis sur le dos, ils crient misère ces temps-ci. Et c’est d’un œil reconnaissant que les élus voient ce cadeau enfin leur retomber du ciel. Les droits de mutation, perçus sur chaque transaction immobilière, constituent l’une des principales ressources départementales et les montants sont loin d’être négligeables. Pour le seul département du Finistère, le différentiel entre les bonnes et les mauvaises années immobilières peut dépasser 30 millions d’euros de recettes. Alors quand le bâtiment va…

René Perez
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