Eolien en mer. Le retrait d’Areva va-t-il impacter la Bretagne ?

Après Alstom, ce sont cette fois les ambitions d’Areva qui viennent de tomber à l’eau. Présentés comme futurs champions de l’éolien en mer, ces deux grands groupes en proie à des difficultés financières ont finalement jeté l’éponge. Les activités marines d’Alstom ont été reprises en 2014 par l’Américain General-Electric et Areva vient à son tour de se retirer de la partie en vendant sa société spécialisée Adwen au nouveau consortium germano-espagnol Siemens-Gamessa.

Cette annoncé a jeté un froid en Bretagne où on fondait de solides espoirs dans cette nouvelle filière française Alstom-Areva. Les quatre syllabes claquaient bien au vent. La réalité était un peu moins brillante et en choisissant toutes deux de se reconcentrer sur leur cœur de métier, elles se sont retirées d’un jeu où le retour sur investissement n’est envisageable qu’à très long terme.

Alors forcément, on s’interroge sur les projets bretons. Celui de six hydroliennes flottantes au large de Groix ne devrait pas être remis en cause. Mais il s’agit d’un projet relativement modeste pour tester les capacités de l’éolien flottant (donc sans fondation) développé par Eolfi Offshore France, DCNS et Vinci. Dans la baie de Saint-Brieuc, en revanche, on est à une tout autre échelle puisque le projet prévoit le déploiement de 62 éoliennes de plus de 200 mètres de hauteur, produisant 1850 magawatts pour alimenter 850.000 habitants. On notera au passage que ces chiffres officiels sont contestés par certains spécialistes qui estiment bien optimiste la moyenne des vent retenus pour ces calculs.

Dans l’immédiat, c’est bien sûr le retrait d’Areva qui soulève la principale interrogation. Le nouveau consortium Siemens-Gamessa, leader mondial de l’éolien offshore, s’est engagé à respecter les engagements pris par Adwen, la filière d’Areva, pour les projets de Saint-Brieuc, Dieppe et Noirmoutier. L’Adwen devait fabriquer les éoliennes au Havre (750 emplois à la clef) et les monter sur le port de Brest où le site a déjà été agrandi à cette fin. Mais le scénario sera-t-il aussi facilement ficelé ? Dans cette activité très fortement subventionnée, l’Etat était prêt à mettre beaucoup de billes pour aider la nouvelle filière française à prendre de l’altitude. Maintenant que tout s’est écroulé, on ne jurerait pas que le pouvoir mettra autant de zèle à soutenir un montage conduisant a subventionner fortement une multinationale étrangère en achetant très cher (deux fois plus que l’éolien terrestre) cette électricité venant de la mer ? Ce programme-là pourrait prendre du retard car maintenant, la course de lenteur est lancée…

René Perez
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