algue

Ile de Sein. Des algues à la place des bébés-homards

Patrick et Marie-Dominique Plan sont des pionniers de l’algoculture en Bretagne. En 1992, à l’époque où les algues ne connaissaient pas encore le succès qui est le leur aujourd’hui, ils se sont lancés dans cette activité nouvelle, à Lesconil, en créant Aqua-B sur les côtes bigoudènes. Et il leur a fallu beaucoup de persévérance pour tenir dans un environnement bien moins favorable qu’aujourd’hui. Mais leur gamme de produits à base d’algues témoigne que leur choix était judicieux, au point qu’ils visent maintenant d’aller plus loin avec la création d’une nouvelle société, Marinoë, pour lancer la culture d’algues alimentaires sur l’île de Sein.

Bassins et pompage

Le projet est ambitieux mais les atouts sont là. Les eaux qui entourent l’île sont de bien meilleure qualité qu’en bordure de littoral et l’ile de Sein est porteuse d’une image très flatteuse pour des produits de la mer. La coller avec une marque, c’est un gage de notoriété, un peu comme les abeilles d’Ouessant devenues égéries volantes de la marque Guerlain pour des produits de beauté à base de miel ouessantin.

Mais sur le confetti sénan, une installation a attiré la curiosité d’abord puis l’intérêt de ce couple d’algoculteurs : c’est l’ancienne écloserie de homards. Fermée depuis une quinzaine d’années, elle présente le double avantage de posséder des bassins et un puissant système de pompage d’eau de mer. Les élus de l’île n’ont bien sûr vu que des avantages à une éventuelle reprise de cette installation et deux spécialistes japonais d’algoculture sont même venus sur place évaluer la faisabilité de ce projet ambitieux. Et déterminer les espèces d’algues les plus propices à cette culture insulaire en bassins.

Bébés homards baladeurs

Quant aux bébés-homards, ils n’ont pas tout à fait tenu les promesses mises en eux, dans les années 70-80, quand on croyait pouvoir sans trop de difficulté réensemencer la mer. La suite fut un peu plus laborieuse car cet élevage est compliqué. D’autant que les bébés-homards ont des mœurs un peu primaires : ils se bouffent entre eux ou se blessent en s’agressant. Et on ne peut pas passer son temps à appeler Océanopolis-secours pour les séparer. Et puis, une fois mis à l’eau, ils sont tellement légers que les courants les mènent là où ils veulent. On s’aperçut ainsi que des bébés homards lâchés dans les parages de Sein étaient pêchés, quelques années plus tard, du côté de la Vendée. Pas très rentable pour les investisseurs locaux.

Mais dans plusieurs pays, (Angleterre, Canada, Norvège…) la réintroduction des homards donne actuellement de bons résultats. L’ile de Ré a d’ailleurs décidé, à son tour, de lancer un programme de réensemencement sur plusieurs années, à raison de 3.000 bébés-homards par an. Mais ils viennent tous d’Angleterre.

François Alaouret
Laisser un commentaire

Votre adresse email sera publiée. Les champs obligatoire sont marqués par un *

viderValider