Une vie de Robinsons dans une île bretonne

 

En ces temps de vacances, nous sommes tous traversés par ce même rêve : une île déserte, seul ou à deux, pour avoir une paix royale, la vue imprenable sur la mer et une plage sans voisins envahissants. Mais y vivre toute l’année, face à un océan rarement docile, c’est une autre paire de manches. Et pourtant, les candidats ne manquent pas pour aller, à leur tour, s’installer sur la petite île déserte de Quéménes, dans l’archipel de Molène, propriété du Conservatoire de Littoral.

Sur cette île à raz des flots, grande comme une trentaine de terrains de foot, un couple vient de passer dix ans à cultiver la terre, protéger ce « laboratoire de développement durable » mais aussi accueillir de petits groupes de touristes, pour des visites courtes et bien balisées. Mais à l’âge où la scolarité des enfants se fait plus pressante et le règlement du Conservatoire plus contraignant, ils ont décidé de regagner le continent pour céder une place qu’ils ne quittent pas sans gros pincements au coeur.

En réponse à l’appel à candidatures, une vingtaine de couples ont déjà manifesté leur intérêt pour cette vie de Robinsons en Mer d’Iroise, un peu plus confortable (et connectée !) que celle des romans de Stevenson ou Defoe mais qui peut receler autant de ténébreux mystères. Comme en cet an de grâce 2013 où par une nuit sans lune et une marée de très grandes eaux, le sable laissa apparaître quatre squelettes remontant du passé. Un laboratoire de la gendarmerie avança que la mort datait d’une quarantaine d’années ce qui déclencha quelques fantasmes autour du souvenir d’une maison de redressement, dirigée par un curé, qui avait quelques ancrages dans l’archipel de Molène. Diantre ! Une analyse plus poussée révéla qu’en réalité, ces squelettes séjournaient là depuis au moins trois siècles, bien conservés dans leur linceul de sable.

L’île solitaire, le parfum de l’aventure et quelques cadavres dans la nature. Manque plus qu’à trouver le trésor !

René Perez
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