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Ifremer-Brest. Plateforme-test pour éoliennes flottantes

Installer une éolienne terrestre, c’est déjà une performance. Et les pionniers de cette technologie se souviennent, par exemple, comment l’éolienne géante installée à Ouessant, il y a une vingtaine d’années, n’avait pas résisté à sa première grande tempête. Pliée en deux.

L’éolien offshore fixe, c’est encore plus compliqué car il faut construire et poser une structure au fond de l’eau pour y installer l’éolienne. Mais avec l’éolien flottant, on atteint le summum de la complexité éolienne car, ici, l’engin flotte sur l’eau comme un bouchon et se trouve simultanément soumis à la force des vents, des courants et des vagues, avec des tensions sur toutes les structures à donner des migraines aux mathématiciens.

La France, qui a jusqu’ici beaucoup misé sur le nucléaire, compte beaucoup sur cette technologie flottante pour assurer la transition énergétique dont on sait à quel point elle s’annonce complexe. Mais il y a de la ressource. A quelle échelle ? D’ici 2030, l’objectif annoncé est d’atteindre une puissance installée de 6 gigawatts en éolien flottant, soit environ un dixième de l’actuel parc nucléaire française qui représente environ 63 gigawatts. C’est dire si le projet est ambitieux dans un laps de temps aussi court.

Tests sévères à échelle réduite

La diabolique complexité de l’éolien flottant n’a pas empêché des consortiums de se créer pour répondre à des appels à projet mais les engagements financiers sont d’une telle ampleur qu’ils supposent d’avoir de solides garanties sur la fiabilité des installations.

Devant l’énorme du marché qui se profile vient d’être lancé le projet Rotor qui associe Ifremer-Brest et la société Naas&Wind Industrie installée à Lorient, déjà habituées à travailler ensemble. Avec d’un côté, des décennies d’observation et d’expérimentation sur les océans, de l’autre une entreprise spécialisée dans l’éolien, avec ses équipes d’ingénieurs expérimentés dans l’ingenierie et l’assistance à la maîtrise d’ouvrage des parcs éoliens offshore.

Avec le soutien de la Région-Bretagne, une plateforme va être installée au bassin d’essai du centre Ifremer de Brest, dépendant du Labo de comportement des structures en mer. Une turbine, productrice d’électricité, sera fixée dans ce bassin sur laquelle pourront être expérimentés tous types d’éoliennes flottantes, à échelle réduite bien sûr. En reproduisant la force des vents et des vagues, de multiples capteurs permettront de faire des analyses hydro et aérodynamiques et donc d’étudier le comportement de toutes les structures testées dans des conditions de contraintes optimum.

Le partenariat entre Ifremer et Nass&Wind Industrie scelle le mariage de deux expertises complémentaires. Mais il répond aussi à une des missions fixées à Ifremer : trouver des ressources financières pour alléger la part de l’État dans le financement de cet institut de la mer.

Pierre Vincent
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