brehat

Les hôtels bretons tiennent bien la rampe

Après quelques années compliquées, l’hôtellerie bretonne reprend des couleurs. L’année 2016 s’est achevée par une hausse de 2,1 % du nombre de nuitées (7,6 millions au total), selon le Comité régional du Tourisme. Ce résultat, le meilleur depuis 2010, est d’autant plus remarquable qu’il s’inscrit dans une année de légère baisse de la fréquentation estivale, liée notamment au Brexit et la chute de la livre sterling, et dans un environnement secoué par l’arrivée de Airbnb et des autres sites de location en ligne. Si on ajoute que l’année 2015 avait déjà enregistré un redressement, ce crû 2016 a de quoi redonner le sourire aux dirigeants de la fédération de l’hôtellerie.

Mais bien sûr, tous les hôteliers ne sont pas logés à la même enseigne. Ce sont plutôt le moyen et le haut de gamme qui alignent les meilleures performances alors que les petits hôtels indépendants, ruraux ou littoraux, ont plus de mal à s’en sortir. Ou à trouver un repreneur à l’âge de la retraite. Par ailleurs, cette bonne progression est liée à du hors-saison. Ce sont les bonnes performances du 1er et 4e trimestres qui portent la croissance alors que la saison estivale était plutôt à la baisse. La répartition de cette hausse n’est pas non plus uniforme. Les régions de Rennes et Vannes ainsi que le Finistère enregistrent les progressions les plus notables alors que le Centre-Bretagne est encore à la peine, avec une raréfaction du nombre d’hôtels. Airbnb jouera peut-être le rôle de substitut pour attirer des touristes dans le coeur de la Bretagne…

Plombés par Paris et Nice

On notera également que la hausse enregistrée tient en partie au climat sécuritaire. Des courts séjours de Parisiens fuyant le climat anxiogène de la capitale, expliquent en partie la progression des chiffres hors-saison, de même que le transfert vers la Bretagne de la désaffection subie par les pays du Maghreb. Toujours pour la même raison sécuritaire, le nombre de nuitées d’étrangers dans les hôtels bretons a subi une baisse sensible (-2,9 % sur l’ensemble de l’année et même –5,9 % sur l’été), compensée par cette hausse encore plus sensible de la clientèle française pour des raisons quasi-équivalentes.

Enfin, on notera qu’au plan national, le nombre de nuitées est globalement en baisse de 1 %, plombé par la chute enregistrée à Paris (4,8 millions de nuitées perdues dont 85 % d’étrangers) et dans la Région PACA, depuis l’attentat de Nice. Si l’on extrait ces deux régions du bilan national, les autres régions françaises enregistrent globalement une hausse équivalente à celle de la Bretagne

Pierre Vincent
Laisser un commentaire

Votre adresse email sera publiée. Les champs obligatoire sont marqués par un *

viderValider