Le homard breton face au conteneur-vivier

Que l’on soit Breton ou pas, tous les gourmets amateurs de bonnes chairs océaniques vous diront que le homard bleu de Bretagne, est bel et bien le meilleur. Là-dessus, aucun doute ! Pourtant, aujourd’hui, la production de homard en Bretagne regarde avec un brin d’inquiétude l’innovation d’un géant français du transport maritime, CMA-CGM, n°3 mondial du transport maritime. Il compte développer ses conteneurs-viviers pour le transport de homards, arrivant vivants du Canada. Aujourd’hui il dispose de 30 conteneurs-viviers, mais l’entreprise vise clairement à passer à 600 dans les trois ans à venir.

Dans leur eau naturelle

D’apparence banale, ce tout nouvel outil de fer est à même de transporter jusqu’à 2.800 homards pêchés au large du Canada. Ils sont installés dans des alvéoles semblables à des casiers à bouteille et baignent dans l’eau de leur milieu naturel. alors qu’actuellement, 90% des homards importés du Canada sont congelés. Ce nouveau type de conteneur a un nom : « Aquaviva ». Comme le souligne le transporteur : c’est une « nouvelle génération de conteneurs permettant le transport maritime de homards vivants dans leur eau d’origine en recréant les conditions de leur habitat naturel ». Et cela risque de changer la donne.

Circuit court pour le homard breton

Selon le Comité des Pêches du Finistère, la production française est estimée entre 400 et 500 tonnes/an, et est pêchée en Bretagne et Normandie. Malgré une règlementation plus draconienne, le homard breton se raréfie dans son aire naturelle, en raison de la surpêche et de la pollution marine.

Cela dit, pour Mr Guyot, directeur général des Viviers de Loctudy, l’inquiétude n’est pas encore de mise. Certes, le nombre de conteneurs parait stupéfiant, mais la concurrence ne semble pas immédiate. Selon lui, il existe un marché pour les deux types de production et les homards bretons sont très présents sur les étals locaux où la grande distribution, elle aussi, joue le jeu du circuit-court. Sur la question d’un label « homard breton », c’est encore et toujours Bruxelles qui bloque, car elle interdit l’appellation.

Mais les clients savent faire la différence, d’autant que les prix sont relativement stables depuis quelques années. Et que les vrais amateurs, même avec une concurrence accrue, continueront à en pincer pour le homard breton.

François Alaouret
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