Photo JUSTE. Restaurant & épicerie marine de produits de la mer

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Homard bleu : breton, mais pas que !

La crème de la crème, le homard breton… Mais le crustacé haut de gamme n’est pas l’apanage de notre patrimoine régional. Du moins pas exclusivement. Officiellement, nous devrions l’appeler homard européen. Qu’à cela ne tienne, c’est bien en Bretagne qu’il se consomme le plus en frais, puisque sur 317 tonnes vendues sur les criées françaises, nous en écoulons 160 tonnes tout droit sorties des caseyeurs (pour une production française de 691 tonnes selon Ifremer.) Zoom sur cette pépite océanique de saison qui fait palpiter nos papilles.

C’est une petite menterie en tout bien tout honneur régionaliste que l’appellation homard breton. Le beau bleu devrait en fait se nommer homard européen (Homarus grammarus) ou juste homard bleu, car l’appellation de homard breton ne justifie en aucun cas que celui-ci provient de chez nous, ce qui n’enlève pas à ce homard, des qualités gustatives bien supérieures à son congénère, ledit canadien. Logique : contrairement au homard européen, le homard américain vit en eaux profondes. Sa chair a un goût très différent, imprégnée des fonds marins vaseux.

Homard breton : du cercle polaire au Maroc

À la vérité, si 317 tonnes de homards européens ont été vendues sur les criées françaises l’an dernier (+ une centaine de tonnes hors-criées) et que la Bretagne peut quand même se targuer du vénérable ratio de 160 tonnes, ces homards vivent sur toute la façade atlantique du continent européen, du cercle polaire au littoral marocain, et proviennent même en grande partie des côtes anglo-saxonnes.

Selon les données de l’office FranceAgriMer, sur une pêche de 5517 tonnes de homard bleu tous pays confondus, nos pêcheurs français en sortiraient entre 500 et 800 tonnes des eaux françaises selon les années (691 tonnes en 2017, source Ifremer), et ce essentiellement du Croizic à Cherbourg, et de Brest à Saint-Malo.

Loin des volumes du homard canadien

En termes de production de homard européen toujours, les données FAO (Food & agriculture organization) font état de la répartition suivante des zones de pêche : sur 5517 tonnes de homard européen, 60% proviennent du Royaume-Uni, 13,5% de l’île de Man, 6% des îles anglo-normandes, et 12,5% de France (mer du Nord, Manche, Atlantique). Une denrée rare, quoi qu’il en soit, si l’on s’en réfère aux volumes des caseyeurs d’outre-Atlantique: 160 000 tonnes de homard canadien annuelles.

Sur un total de 5329 tonnes de homard importé en 2017, 63 % étaient en provenance des États-Unis et du Canada. En inondant ainsi le marché français, le homard dit canadien (Homarus americanus) vient facilement détrôner son congénère résident Homarus gammarus en volume et ce, d’autant plus sous l’effet du CETA. Mais question qualité, pas de doute, le « breton » tient la palme.

Manon Motir
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