Denise Corliss entourée de Bretagne (à gauche) et de Bretagne II.  Photo : Denise Corliss.

Denise Corliss entourée de Bretagne (à gauche) et de Bretagne II. Photo : Denise Corliss.

Héroïne du 11-Septembre elle s’appelait Bretagne

Chez les humains, elle aurait eu presque l’âge de Jeanne Calment ! C’est dire si avec ses quasi 17 ans, cette chienne golden retriever, américaine de naissance, avait derrière elle une longue existence. Mais elle eut aussi une carrière exceptionnelle qui fit d’elle une héroïne aux Etats-Unis puisqu’elle était la dernière survivante des chiens sauveteurs du 11-Septembre.

Pendant quinze jours consécutifs, elle avait fouillé les décombres du World Trade Center avec sa maîtresse, Denise Corlyss, ce qui lui valut une notoriété qui ne fit que se conforter au fil des ans puisqu’elle participa à d’autres opérations de sauvetage, dont celles consécutives à l’ouragan Katarina.

Mais cette notoriété allait soudain traverser l’Atlantique lorsqu’en lointaine Armorique parvinrent les échos du concours Dog of the Year 2014. Parmi les nominés à ce concours annuel canin figurait cette chienne célèbre dans son pays et portant un nom singulier : Bretagne. Il n’en fallut pas plus pour que le site mabretagne.com se mette en chasse pour retrouver la trace de Denise Corlyss au Texas et recueille ses confidences sur l’origine de ce nom de baptême.

« Mon mari et moi avons visité la Bretagne un an avant la naissance de notre chienne. C’est une région magnifique et un endroit très spécial pour moi. Quand elle est née, nous avons choisi de l’appeler Bretagne ».

Reprise un peu partout, l’information entraîna un élan de sympathie dans toute la Bretagne et la société Armor-Lux confectionna même une tenue spéciale (rayée bien sûr) avec laquelle la chienne posa fièrement dans son Texas natal.

Mais les ans ont passé. Et pour les chiens, on le sait, ils passent sept fois plus vite. Avec ses 110 ans canins, Bretagne n’était plus qu’un pauvre animal atteint de maux et infirmités diverses. Alors sa maîtresse, la mort dans l’âme, a choisi l’euthanasie. Comme aiment le faire les Américains, cela se fit dans un cérémonial très abouti, avec dernier passage de la chienne devant une haie de pompiers au garde-à-vous et émus jusqu’aux larmes.

Sa maîtresse a-t-elle bien fait d’opter pour l’euthanasie ? Chacun jugera. Mais le sujet, chez les humains, est devenu un vrai débat de société, particulièrement en France où il est très sensible. Les mentalités évoluent peu à peu. Et il viendra sûrement le jour où on finira par considérer que mourir dans la dignité, ce n’est pas fait que pour les chiens !

René Perez
Laisser un commentaire

Votre adresse email sera publiée. Les champs obligatoire sont marqués par un *

viderValider