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Gwilen. Les sédiments marins, futur de la construction ?

Les sédiments marins portuaires vont-ils devenir le matériel de construction du futur ? Yann Santerre, originaire de Muzillac dans le Morbihan et ingénieur de formation, et son associé ingénieur-architecte Mathieu Cabannes y croient dur comme fer. Ils ont monté une startup, Gwilen (La Vilaine en Breton), dont l’objectif est de créer à Brest des objets de design et des matériaux de construction issus de la mer.

« Au cours de nos études, nous nous sommes aperçus qu’il y avait un vrai sujet sur les matériaux et un gros enjeu : la consommation d’énergie grise » explique Yann.
Energie grise ? Pour faire simple, c’est la somme des énergies nécessaires au cycle de vie d’un objet. Or, on a tendance à oublier le poids environnemental incroyable de la construction. C’est bien simple, en Europe, la consommation d’énergie fossile, dans le domaine de la construction représente 40% de l’énergie totale utilisée dans l’Union Européenne et quasiment le quart des émissions de gaz à effet de serre.

Moins d’énergie produite avec Gwilen

Autre problème : le sable. Les chiffres donnent le tournis : pour construire une maison, il faut 200 tonnes de sable, 3000 pour un hôpital, 30 000 pour un kilomètre d’autoroute, et carrément 12 millions pour une centrale nucléaire. Il en faut toujours plus.

Or, la solution prônée par Yann et Mathieu pourrait améliorer considérablement ces chiffres en minimisant l’énergie produite.
Explications :

Le choix de draguer les ports est pragmatique : la matière première s’y trouve en abondance ! Selon Yann, « le dragage est un vrai sujet pour les ports qui doivent draguer régulièrement. Or, cette ressource est rejetée au large dans 95 % des cas ». Les Shadoks n’auraient pas mieux fait. Sauf que se profile à l’horizon 2025 une directive européenne qui va obliger à débarquer les sédiments à terre… Les volumes seront considérables. « Cela représente 50 millions de M² par an entre les ports et les canaux. C’est à peu près la consommation de béton en France chaque année » jure le co-fondateur de Gwilen.

Design et céramique pour commencer

Le timing pourrait être bon pour Gwilen, qui n’est pas la première entreprise à essayer de maîtriser le processus de manière industrielle et qui doit encore travailler afin que son produit réponde aux multiples normes du secteur de la construction et passe ainsi à la production industrielle.

Mais avant cela, il va y avoir la phase design et céramique. Profitant de leur contact dans le secteur de l’architecture, Yann et Mathieu vont d’abord se concentrer sur le second œuvre (crédence, carreaux, table…) pour faire connaître leur produit. Ils participeront d’ailleurs à la Paris Design Week en septembre. Leur atelier de production ouvrira à Brest le même mois. Brest ? « C’est une ville portuaire et reconstruite, qui avait donc tout pour nous attirer » sourit Yann.

Julien Perez
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