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Le Guilvinec. L’heure du choix pour un nouveau port de plaisance

Le Guilvinec est surtout connu pour ses demoiselles. Elles sont toujours de rose vêtues et se dégustent accompagnées de mayonnaise. Mais la pêche n’assurera sans doute pas seule l’avenir du renommé port bigouden, dans le sud du Finistère, qui ne veut pas mettre tous ses œufs dans le panier de langoustines. D’où le projet d’extension du port de plaisance, en gestation depuis déjà dix ans, qui devrait prochainement connaître son épilogue : feu vert à l’aménagement ou abandon du projet ?

En vérité, il n’est pas seulement question d’extension du port de plaisance actuel avec création de 530 places supplémentaires (830 au total) mais de création, en parallèle, d’un centre hôtelier-thalasso avec hôtel de 60 chambres ainsi que des logements et des commerces sur le site de l’ancienne usine Furic, abandonné depuis une dizaine d’années. Un très gros investissement qui se monterait, au minimum, à 23 millions d’euros avec participation d’un investisseur privé (Vinci?) susceptible d’apporter la moitié de cette somme. Les communes du Guilvinec et Léchiagat ainsi que la communauté de communes apporteraient également une part du financement qui prévoit aussi une participation du Département, de la Région et de l’Europe au titre des régions périphériques.

Le préfet demande un audit

Sur le papier, le projet est séduisant et le bassin naturel du Guilvinec relativement facile à aménager, selon les spécialistes. Le projet se traduirait, au total, par une centaine d’emplois directs (hôtellerie comprise) et probablement des emplois induits dans les commerces de proximité, notamment la restauration et l’entretien des bateaux. Mais un projet d’une telle envergure ne se prend pas à la légère, surtout quand les ressources financières des collectivités locales sont en période d’étiage.

La communauté de communes du Pays Bigouden Sud a d’ores et déjà donné un accord de principe mais le préfet, Pascal Delage, s’est résolument engagé dans ce projet pour l’entourer d’un maximum de garanties. Il a sollicité la Direction régionale des finances publiques pour une étude dont les conclusions attestent de la bonne santé financière des collectivités locales concernées. Mais le préfet a aussi commandé un audit qui devrait être rendu dans les prochaines semaines et qui devrait donner des indications précieuses sur la faisabilité financière et technique de ce futur port.

Au moins quatre ans de travaux

Mais si du côté des élus, une majorité se dessine en faveur du projet, les opposants ne manquent pas de se manifester en mettant en doute la capacité financière des communes à supporter de tels investissements. Ils prônent plutôt une optimisation de l’existant, qui coûterait beaucoup moins cher, en jugeant ce projet démesuré et inadapté à la plaisance moderne. Et bien que le projet ait obtenu, en 2011, un label « port exemplaire » de la part du ministère de l’Écologie, ils s’interrogent sur les conséquences que pourrait avoir la disparition d’une « zone humide » située dans l’arrière-port.

Après la présentation de l’audit, dans quelques semaines, les collectivités locales pourront trancher. Mais en cas de feu vert, il ne faut s’attendre à une inauguration avant un long bail. Les travaux devraient durer entre quatre et cinq ans mais la recherche des financements et les recours que ne manqueront pas d’intenter les opposants, ajouteront quelques années avant la réalisation complète de ce complexe portuaire et hôtelier.

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