Grand débat. La Bretagne pas très causante

Les Bretons qui ont l’habitude de se distinguer dans les palmarès régionaux, ne vont pas figurer à celui du Grand débat. Leur participation à cette consultation nationale va se situer tout juste dans la moyenne, que ce soit en nombre de contributions où de réunions organisés par département.

Sur ce second point, BFMTV a réalisé une carte (ci-contre) recensant justement les réunions spontanément organisées dans chaque département français et la Bretagne ne se distingue pas de la masse. Ce serait même le contraire si on compare, par exemple, les départements des Côtes-d’Armor et de l’Ain qui sont à peu près dans la même strate de population. Dans le premier, 81 réunions publiques ont été organisées, dans le second 118, soit environ 50 % de plus. Certes, pour une comparaison fiable, il faudrait connaître aussi la moyenne de participants à chacune de ces réunions (personne n’a ces chiffres) mais le ratio de réunions par département témoigne que les Bretons ne se sont pas particulièrement mobilisés pour venir dialoguer sur le terrain, malgré une proportion de retraités parmi les plus élevé du pays. Or, les retraités ont été la catégorie la plus représentée à ces réunions publiques.

Il faut dire que depuis le tournant du mouvement des gilets jaunes, la Bretagne a pris un peu de distance avec ce feuilleton. Dans un premier temps, celui des ronds points, la mobilisation a été forte et quasi-homogène sur toute la pointe bretonne. Au tournant de l’année, quand les ronds points ont été abandonnés et que le mouvement a été portée par des revendications plus politiques et plus radicales, l’adhésion bretonne a été moins manifeste. En témoigne la rupture totale entre la Morbihannaise Jacqline Mouraud, l’un des grandes instigatrices du phénomène gilets jaunes, et les porte-parole. « Le fond de la révolte, c’est le mépris », a-t-elle même déclaré en une du magazine Bretons.

Devenus un peu distants avec le mouvement deuxième version, il était donc logique que les Bretons le soient aussi avec le Grand débat. Mais peut-être faut-il voir dans cette participation très moyenne, un des particularismes de la Bretagne : c’est la région de France la moins inégalitaire en terme de revenus, avec les Pays-de-la-Loire. Le sentiment d’injustice y est donc probablement moins développé qu’ailleurs, ce qui peut expliquer ce modeste niveau de participation aux réunions publiques du Grand débat.

Et puis, dans une considération plus ethnologique, peut-être faut-il rappeler que les Bretons sont depuis longtemps considérés comme plutôt taiseux ? Donc pas très causants. Pas étonnant, dans ces conditions, qu’ils ne viennent pas trop la ramener ! Et dans ce domaine, ce sont bien sûr les taiseux Corses qui détiennent le pompon. L’ile figure en queue de classement du nombre de réunions publiques. A croire que là-bas, participer au Grand débat, c’était déjà rompre l’omerta…

René Perez
1 Commentaire
  1. Le Nen

    La Bretagne devrait pouvoir causer dans quelques jours par les voix de ses maires. Le 3 avril ils seront à Saint Brieuc et Emmanuel Macron pourrait leur rendre visite.

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