Image Musée de la marine

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Grand carénage pour le Musée de la Marine

Fermé jusqu’en 2021 ! Le Musée de la Marine, à Paris, va faire l’objet de grands travaux et d’une refonte complète. 50 millions € d’investissement avec un objectif affiché : passer des 350.000 visiteurs annuels à 700.000, ce qui, pour la capitale, ne constitue pas un pari hors d’atteinte. Le plus breton des musées nationaux, installé depuis 1943 dans une aile du palais de Chaillot, va non seulement faire l’objet d’un grand carénage mais il doit également élargir sa vocation.

Originellement axé sur la Marine militaire puis sur les voyages, il ne s’est pas beaucoup écarté de cette vocation première. La plupart des modèles de navires exposés, notamment ceux des siècles derniers, sont des bâtiments de guerre et les bustes, portraits et tableaux répartis dans les salles du musée constituent autant d’éléments de la mémoire maritime de la France. Mais l’ensemble est un peu trop figé et la fréquentation pas vraiment à la hausse.

Des événements ont pourtant prouvé le potentiel d’attrait de ce lieu, entre autres l’expo « Mille sabords », sur Tintin et les bateaux, qui rencontra un très grand succès, posant des questions sur l’ identité de ce musée et légitimant sa modernisation et son élargissement.

A sa réouverture, en 2021, le musée sera devenu un haut lieu de la vie maritime dans toute sa diversité. Les œuvres historiques côtoieront les outils numériques et multimédias modernes pour présenter la mer dans toute son étendue, de la version patrimoniale et prestigieuse aux enjeux humains, environnementaux, économiques, scientifiques… Le musée n’exposera plus des objets, il racontera la mer et les marins.

Le Canot de l’Empereur sur les quais de Brest

L’une des pièces maîtresses de ce musée doit une partie de son histoire à Brest : il s’agit du fameux Canot impérial de Napoléon 1er (notre photo) conservé dans son intégrité ce qui constitue une quasi-exception dans le patrimoine maritime français.

Le musée rapporte que sa construction a été décidée dans le plus grand secret au printemps 1810, lorsque l’Empereur proposa de se rendre à Anvers pour visiter l’arsenal, dont il avait ordonné la création quelques années plus tôt. En 21 jours seulement l’embarcation est prête. Elle mesure plus de 18 mètres de long : le tiers arrière est dominé par un rouf spacieux destiné à accueillir les personnalités, tandis que les rameurs occupent tout le reste de l’espace. Le 30 avril 1810, le canot d’apparat fait une entrée remarquée dans Anvers : Napoléon et la jeune impératrice Marie-Louise sont à bord. Un véritable cortège naval les entoure.

En 1814 le canot est expédié à Brest où il restera un siècle et demi. Son ornementation est complétée mais reste sobre, avec un aigle à la proue. Quarante ans plus tard, il subit de nouvelles modifications dans sa décoration avant la visite à Brest de Napoléon III et de l’Impératrice Eugénie en 1858. C’est de cette époque que datent tous les éléments sculptés actuels.

Le Canot de l’Empereur aurait pu finir sous les bombes qui anéantirent Brest à la fin du deuxième conflit mondial. Le miracle veut que le musée de la Marine soit alors en cours de constitution au Palais de Chaillot ; l’espace n’y est pas compté , l’embarcation impériale peut en être le fleuron. Sous la protection des autorités allemandes, le canot quitte Brest le 9 mai 1943, mais à Chaillot rien n’est prévu pour permettre au canot d’entrer dans le musée : les portes sont trop étroites ! Plus de deux années de négociations seront nécessaires pour trouver une solution. Enfin, en août 1945, une énorme brèche est pratiquée dans le mur du Palais de Chaillot et, tout doucement, le canot impérial entre dans le sépulcre. Il va en sortir pendant les travaux du musée. Et là encore, il faudra faire une brèche-même !

René Perez
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