Google. Première mondiale à Rennes sur fond de turbulences

A 35 ans d’écart, la technologie fait un joli clin d’oeil. C’est à Rennes que fut lancé le minitel, en 1983. A l’époque, c’était une prouesse technologique qui épatait même certains Américains. Mais on ignorait que cet appareil électronique customisé allait voler en éclat, quinze ans plus tard, avec l’explosion d’internet, une technologie faisant un bond d’un siècle en avant.

Et c’est à nouveau Rennes qui se retrouve à la pointe avec l’ouverture, vendredi, du premier centre numérique de Google, présenté comme une première mondiale. Bien que les dirigeants français du géant d’internet n’aient pas donné la raison précise de ce choix géographique, il est probable que la forte implication rennaise dans les nouvelles technologies a pesé dans la balance. Pour qu’un outil comme celui-ci puisse donner toute sa mesure, il vaut mieux que l’environnement soit porteur. Et dans la grande agglomération rennaise, c’est par dizaines de milliers que les emplois dans le numérique ont été créés depuis une vingtaine d’années.

En l’occurrence il s’agit de mettre un espace et des outils numériques à la disposition gratuite d’utilisateurs, qu’il s’agisse de particuliers ou de professionnels, afin que chacun puisse avoir accès aux nouveaux services mais aussi aux milliers d’emplois créés par cette nouvelle économie. Nathalie Appéré, maire de Rennes, a toutefois tenu à préciser que la ville et les associations locales avaient déjà pris de nombreuses initiatives dans ce domaine, manière de rappeler que Google ne débarque tout de même pas chez Gutenberg et fils.

Peut-être y avait-il aussi, dans ses propos, une petite pointe d’exaspération après quelques épisodes fâcheux, ces temps-ci, du côté des géants américains. La façon dont Google a célébré l’entrée du règlement général européen sur la protection des données (RGPD) a suscité des réactions outrées par la façon dont le groupe a procédé à des blocages, notamment de médias, sous prétexte de manque de garantie de consentement. Un groupe de signataires a protesté auprès du géant contre ces méthodes, sans la moindre concertation et d’une manière quasi-hégémonique. Mais même dans ses rangs, Google fait face à de la contestation, comme ce mouvement lancé par des milliers d’employés du groupe contre sa participation à un programme avec le Pentagone pour la mise au point de drones, élevés au rang de « robots tueurs » autonomes, grâce à l’intelligence artificielle. Le groupe vient d’annoncer son retrait de ce programme. Facebook lui aussi est dans le viseur, avec plusieurs affaires consécutives de détournement ou publication de données personnelles qui ont fait désordre. Mais pas pour autant troublé outre mesure les dirigeants. Quant au groupe Amazon qui veut tout laminer sur son passage, la priorité financière reste de ne pas payer ses impôts, grâce à une armada d’avocats fiscalistes.

Le contexte, il faut bien l’avouer, n’est pas le plus souriant pour cette arrivée de Google à Rennes, à l’heure où l’on se demande si les géants américains des nouvelles technologies ne versent pas, à leur tour, dans la trumpisation. En imposant leur méthode au reste du monde qui paraît encore bien dépourvu pour y faire face.

René Perez
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