Photo : Benjamin Deroche

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Gilles Falc’hun, élu entrepreneur français de l’année

Gilles Falc’hun, Président-Directeur général de Sill-Entreprises (Plouvien, Nord-Finistère) a été désigné Entrepreneur français de l’année lors d’une soirée organisée ce mardi 13 octobre, à l’Opéra Garnier à Paris, par l’Express et la société Ernst and Young. Elu le 24 septembre dernier Entrepreneur de l’Ouest, Gilles Falc’hun représentera la France au World Entrepreneur of the Year qui se tiendra à Monaco du 8 au 15 juin 2016.

« Tout petit déjà »… Qu’on ne s’y trompe pas, le parcours du lauréat de ce prix prestigieux ne laisse pas place à la mièvrerie. Pas plus qu’au hasard ou à la facilité. Certes, le garçon est bien né mais son aristocratie à lui n’est faite ni de titres ni de domaines. L’un de ses grands-pères, imprégné des théories du catholicisme progressiste dans la lignée de Marc Sangnier et du Sillon, fonda une coopérative alimentaire au lendemain de la première guerre mondiale.

Vite et bien pour l’ex-coureur de 100 mètres

Un oncle, le Chanoine Falc’hun, était un écrivain et linguiste reconnu, devenu professeur d’université après avoir été élève puis professeur au Collège Saint-Francois de Lesneven. Collège où justement Gilles Falc’hun a fait, lui aussi, ses humanités. Et où il fut tout à la fois, dit-on, un pensionnaire de bonne compagnie, un recordman régional du 100 m et, sur les terrains de football, un ailier de débordement qui a rendu chèvres quelques-uns de ses congénères.

En fait, il a toujours tout fait vite, semble-t-il. Vite et bien. Ses études d’abord : Sciences Economiques et Institut d’Administration des Entreprises (I.A.E.) à Rennes puis l’Ecole Nationale Supérieure d’Agronomie et de l’Industrie Laitière (ENSAI), à Nancy. Logique : quelques années plus tôt, son père a créé une petite affaire de commercialisation des produits laitiers de sa ferme. Et puis s’est associé avec des collègues -la famille Léon- pour fonder la Société Industrielle Laitière du Léon (S.I.L.L.), à Plouvien dans le Finistère. C’est donc assez naturellement que le fiston a rejoint l’affaire. Vite encore. Et l’a fait prospérer. Vite toujours.

De Le Gall au Petit Basque

Son credo : diversifier. Enrichir la gamme. Lancer de nouveaux produits (jus de fruits, potages) pour mieux utiliser les lignes ultramodernes de fabrication et de conditionnement. Et puis développer par croissance externe en tirant parti des opportunités et des complémentarités. C’est d’abord la Laiterie Le Gall (Quimper) qui rejoint le groupe. Puis Primel Gastronomie (Plougasnou et Plabennec) devenu leader sur le marché des plats cuisinés congelés sous marque de distributeurs ou sous marque propre (Compagnie Artique). Puis la Laiterie de Saint-Malo (marque Malo). Puis Saveurs Cristal (produits traiteurs, au Pertre et en région parisienne). Et plus récemment Le Petit Basque (Pessac), pour parfaire encore cette diversification qui vise deux objectifs : organiser une synergie commerciale au sein du groupe et faire jouer à plein la complémentarité pour mieux négocier les évolutions parfois contrastées des différents marchés. Avec également une meilleure valorisation des produits de base.

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Gilles Falc’hun reçoit son trophée d’entrepreneur de l’année à l’Opéra Garnier de Paris

Dans le développement durable

Aujourd’hui, SILL Entreprises a pris une dimension internationale qui ne cesse de s’étendre sur tous les continents et surtout en Asie. Et Gilles Falchun, parallèlement, préside aussi Bretagne Commerce International, une émanation du Conseil Régional et du monde économique breton, dont l’appellation traduit la vocation. Doté d’une rare énergie, il est aussi investi dans le développement durable et la responsabilité sociale des entreprises. Il est d’ailleurs le président-fondateur du Club des Entreprises de Développement durable. Comment s’étonner, dès lors, qu’il ait montré la voie dans son propre groupe en investissant, sur le site de Plouvien, dans une chaufferie biomasse bois de 12 mégawatts inaugurée en grande pompe, voilà 3 ans, par le Ministre de la Défense. Un Ministre et ex-Président (et futur ?) de la Région, Jean-Yves Le Drian, dont il est très proche. Tout comme du Ministre de l’Agriculture dont il a, dit-on, l’oreille.

Du lait en poudre pour la Chine

L’homme se déplace beaucoup à travers le monde. Pour son groupe, bien sûr, mais pas seulement. Les intérêts de ses entreprises et de sa région sont assez intimement liées dans son action nationale et internationale, même si sa préoccupation première est aujourd’hui de trouver des débouchés à la marée de lait que l’abandon des quotas laitiers en Europe va provoquer. S’il consacre beaucoup de temps et d’énergie à l’Asie et singulièrement à la Chine, c’est par anticipation : dans à peu près deux ans, une nouvelle usine du groupe devrait être opérationnelle non loin de l’aéroport et du port de commerce de Brest : une tour de séchage qui, moyennant un investissement de plusieurs dizaines de millions d’euros, permettra de produire une poudre de lait dont le marché chinois sera sans doute la principale voie d’écoulement.

Voilà sûrement quelques-unes des bonnes raisons qui ont conduit à sa désignation comme Entrepreneur de l’année. Un titre qui ne risque pas de le changer. Ce n’est pas le genre de la maison, qui reste aussi fidèle à son territoire régional et à sa tradition familiale : Henri Léon, représentant de la deuxième famille fondatrice, est à la Direction générale du groupe au côté de Gilles Falc’hun, dont deux des fils occupent des fonctions de Direction : l’ainé à la tête de Primel Gastronomie et de ses filiales ; le cadet à la direction du développement international. La tradition a souvent du bon.

Bretagne Bretons
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