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Gilets jaunes. La Bretagne moins touchée par les extrêmes

Des thèses complotistes sur l’attentat de Strasbourg à un surréaliste appel aux militaires pour contrecarrer une imminente guerre civile, la fin du mouvement des gilets jaunes révèle de singuliers profils chez ses chefs de file. Moins ils sont nombreux, plus ils se radicalisent et appellent plus ou moins ouvertement à des actions violentes, jusqu’à la prise de l’Elysée comme l’avait pronostiqué Eric Drouet, l’un des leaders des gilets jaunes.

Dans cette galerie de portraits d’irréductibles, tendance radicaux, la Bretagne est plutôt discrète, du moins dans la partie émergée de l’iceberg. D’ordinaire à l’avant garde des mouvements contestataires, les Bretons ont cette fois été un peu plus en retrait, si on veut bien faire abstraction du pole de Saint-Brieuc ou des gilets jaunes actifs ont transformé la zone commerciale de Langueux en point de fixation régional. C’est ici que les tensions ont été les plus fortes. Ailleurs, les ronds points ont été bien occupés et les manifestations n’ont pas manqué, notamment à Quimper, mais sans prendre la tournure violente et parfois incandescente que l’on a pu connaître dans d’autres régions, notamment le sud de la France où se sont manifestés les éléments les plus radicaux du mouvement.

Plus social que politique

Les sociologues feront des analyses fouillées, en s’appuyant sans doute sur des cartes des zones les plus chaudes mais d’ores et déjà il semble qu’en Bretagne, le mouvement ait gardé son profil de conflit social alors que dans d’autres régions, il a de toute évidence été pénétré par des éléments d’extrême droite et d’extrême gauche qui ont politisé les manifestations et poussé à l’action violente.

Bien que l’analyse d’un mouvement aussi disparate soit forcément aléatoire, ces situations semblent refléter une certaine cartographie politique régionale. La Bretagne a été traditionnellement une région hermétique à l’extrême droite, malgré une nette progression ces dernières années. Quant à l’extrême gauche, elle n’est pas unanime à se mettre dans le sillage de Jean-Luc Mélenchon, qui a tendance à se comporter de façon abrupte avec les Bretons. De sa manière de balayer les langues régionales d’un revers de manche à ses propos sur les bonnets rouges, qu’il qualifia naguère d’esclaves au service de leurs maîtres, on ne peut pas dire qu’il ait cherché à caresser les Bretons dans le sens du poil.

Moins pénétré par les extrêmes, le mouvement des gilets jaunes en Bretagne semble donc être resté plus social que politique à l’image de la position prise par la Morbihannaise Jacqline Mouraud, appelant à « une trève », dès les annonces d’Emmanuel Macron. Aujourd’hui, elle avoue être tentée par le lancement d’un mouvement politique pour mettre à profit l’élan initié par les gilets jaunes. Elle n’ignore sans doute pas que la partie sera délicate car les partis d’extrême droite et d’extrême gauche ne veulent surtout pas voir fleurir une liste aux prochaines élections européennes. Et de toute évidence, ils savent s’y prendre sur les réseaux sociaux

René Perez
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