Gad. Le pari de la Cooperl avec 500 emplois à la clef

C’est une renaissance totalement inattendue. Dans les bâtiments de l’ex-abattoir Gad à Lampaul Guimiliau près de Landivisiau (29), seules planaient encore les ombres des 880 employés laissés sur le carreau, un jour d’octobre 2013. Fermeture immédiate et probablement définitive, croyait-on, pour ces grands bâtiments désertés de la pointe bretonne.

Mais huit ans après, voilà qu’une annonce totalement inattendue tombe du ciel. Ou plus précisément de la Cooperl, la grande coopérative de Lamballe (Côtes d’Armor), premier groupe français de production porcine. Les dirigeants de la société viennent d’annoncer qu’ils se portent acquéreurs du site abandonné et de ses bâtiments pour créer un nouvel abattoir de grande envergure, avec à la clef 500 emplois à créer. Et plusieurs défis à relever.

Ainsi, comment entraîner toute la filière amont dans la production porcine haut de gamme, sans antibiotiques et avec respect de normes environnementales et de bien-être animal, option désormais prioritaire pour le groupe breton pour ses visées sur le marché international. Ce ne sera pas simple pour les producteurs d’intégrer un protocole très exigeant.

Et ce marché à l’export, principalement à destination de la Chine, va-t-il justifier l’investissement de 150 millions d’euros envisagé par la Cooperl pour l’aménagement et certaines extensions sur le site de Gad ? Certes, les cours sont à la hausse depuis quelques semaines, mais le glissement progressif des prix, sur près d’une année, a montré que le secteur était en tension à l’international et pas vraiment prometteur après le rebond de la production chinoise.

Et puis comment miser sur l’avenir, alors que la production de produits carnés est à la baisse et que de multiples associations, à travers le monde, font pression sur les producteurs au nom de l’environnement et de la cause animale ?

Question prioritaire également, comment envisager de recruter 500 personnes alors que l’ensemble du secteur agroalimentaire est en tension et peine parfois à pourvoir les effectifs qu’il propose.

Et puis, n’est-ce pas audacieux de miser sur la pointe bretonne alors que l’agroalimentaire, depuis quelques années, se déplace progressivement vers l’est de la Bretagne ? Sur ce point, la Cooperl a déjà donné la réponse. Elle compte sur le port de Brest, tout proche, pour ces productions principalement destinées à l’export.

Double motif de grande satisfaction donc, à la pointe bretonne, où les bonnes nouvelles de ce genre ne courent pas les rues. On croise les doigts, maintenant, pour que la Cooperl puisse relever les défis qui sont devant elle. Et que cet audacieux pari puisse aboutir et effacer des mémoires la chute de Gad qui, il ne faut pas l’oublier, fut l’un des éléments déclencheurs du mouvement des bonnets rouges, à l’automne 2013.

Quelques jours après la fermeture du site de Lampaul-Guimiliau, 20.000 personnes manifestaient à Quimper contre l’écotaxe et les fermetures d’usines, avec un bonnet rouge sur la tête. La suite allait prendre une dimension nationale totalement inattendue.

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