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Le formidable potentiel de l’éolien en mer

L’éolien en mer a tendance à patiner dans notre pays. Ca n’avance pas, pour au moins trois raisons. La France a fait le pari du nucléaire et n’a pas beaucoup investi dans les énergies alternatives, accumulant ainsi du retard par rapport aux grands pays voisins. Et puis, pas de bol : deux géants nationaux se sont engagés résolument dans l’éolien marin avec l’ambition de devenir des leaders mondiaux. Mais le flop a été monumental : Areva comme Alstom ont finalement jeté l’éponge. Et pour compléter le panorama, notre arsenal juridique est ouvert à tous les vents des recours et contestations, ce qui ajoute généralement quelques années d’inertie sur le calendrier des projets.

Et pourtant, l’énergie éolienne recèle un formidable potentiel. Des chercheurs américains de la Carnegie Institution for Science viennent de le certifier, dans une étude consacrée aux fermes éoliennes en haute mer. Selon eux, la force des vents rencontrés sur les océans pourrait générer une puissance cinq fois supérieure à celle des turbines sur le sol ferme.

Ces chercheurs ont pris en compte tous les paramètres, notamment la force des vents en mer captées dans les basses couches de l’atmosphère et en ont conclu que le potentiel éolien pourrait suffire à fournir toute la planète en énergie, du moins pendant l’hiver de l’hémisphère Nord. Rien que ça.

Cette étude confirme que la mer est bien l’avenir de l’énergie terrestre mais ces chercheurs font l’impasse sur trois problématiques majeures. D’abord, comment fixer des éoliennes géantes en haute mer ? Secundo, comment mettre au point un matériel éolien assez solide pour résister à des vents qui, en haute mer, peuvent souvent dépasser les 200 kms au ras de l’eau et bien plus en altitude. Enfin, comment acheminer le courant sur des longues distances sans qu’il perde, en chemin, une bonne partie de sa puissance électrique.

C’est l’un des écueils auxquels se heurtent aussi ceux qui pensent que des méga-champs de panneaux solaires dans le Sahara pourraient alimenter une bonne partie de l’Europe. L’électricité est un extraordinaire trésor d’énergie. Mais elle se stocke très mal et ne voyage pas mieux.

Pierre Vincent
6 Commentaires
  1. Emilie Le Berre

    Il ne faut pas se faire d’illusion sur les énergies renouvelables en général. L’humanité aime se raconter des histoires, c’est ce qu’elle fait depuis une quinzaine d’années avec les EnR. La réalité est tout autre.

    • François

      Ah bon ? Et vous pouvez développer ? Avec une fin pareille, je suis curieux de connaître vos arguments.

  2. Emilie Le Berre

    Alors, allons y.

    D’abord je ferais remarquer que si vous lisez attentivement l’article, entre les lignes, apparaissent les lois de la physique inviolables, contrairement aux lois des hommes. En d’autres termes le formidable potentiel ne l’est que si on viole ces lois(de la physique).

    Commençons par définir l’énergie.

    Le Larousse nous dit:
    Grandeur caractérisant un système physique, gardant la même valeur au cours de toutes les transformations internes du système (loi de conservation) et exprimant sa capacité à modifier l’état d’autres systèmes avec lesquels il entre en interaction. Elle se mesure dans le système international en joule.

    Avec ça on n’est pas plus avancé. Essayons une définition plus simple sans trahir le principe:
    L’énergie caractérise tout changement dans un système.

    Dans changement il faut y mettre :
    -changement de forme
    -changement de température
    -changement de vitesse
    -changement de composition chimique
    -changement de composition atomique

    Le joule comme unité engendre des nombres trop grands, difficiles à manipuler. Dans le secteur de la transformation de l’énergie (l’énergie ne se créer pas ni ne se consomme, voir la définition) on utile des multiples, pour n’en citer q’un le kWh (kilo Watt heure), que vous trouvez sur votre facture d’électricité.

    Attaquons nous maintenant au EROEI (Energy Return On Energy Invest). C’est ici qu’on commence à titiller le réel.
    Au début du XXe siècle l’EROEI du pétrole était de 100. On utilisait 1 kWh pour avoir 100 kWh. Aujourd’hui il est estimé entre 12 et 15 selon les sources.
    L’éolien a un EROEI entre 3 et 4. L’éolien offshore étant au moins deux fois plus cher, je vous laisse faire la division. Soyons sympa gardons 3-4.

    Ce qui est valable pour le pétrole l’est aussi pour les minerais. Le taux de cuivre par exemple a été divisé par 2. Donc 2 fois plus d’énergie pour extraire une même quantité avec une demande en croissance. On a une exponentielle. Et dans le monde réel, comment se terminent les exponentielles ?
    L’éolien a besoin de beaucoup de cuivre et beaucoup de plein d’autres choses.

    Revenons à nos EROEI de 12-15 pour le pétrole et 3-4 pour l’éolien. Pour continuer à fonctionner notre belle société a besoin d’un EROEI de 14 environ.
    Mon cher lecteur, ça devrait commencer à gratter. En fait l’éolien, et bien d’autres choses, ne tient que parce que le pétrole a pour l’instant un EROEI suffisant. Cela va t-il durer ? Il n’est donc pas étonnant de voir des géants comme Areva et Alstom prendre le large (si vous m’autorisez l’expression).

    Les mega-champs solaires dans le Sahara ? Avez-vous déjà assisté à une tempête de sable ? Je serais curieuse de savoir qui va passer le balai. Quid de la situation géopolitique ?
    Je me rappelle il y a un bout de temps maintenant, des bobos proposer de planter des éclats de mirroir dans le gazon du château de Trevarez sans avoir conscience que le gazon ça pousse et qui va passer la tondeuse.

    Avec des phénomènes météo qui s’intensifient et augmentent en puissance, le coût des installations va augmenter. Plus vous employez vos moyens dans la transformation d’énergie moins vous en avez pour faire autre chose.

    Voila, j’ai simplifié autant que possible, je pourrais aussi vous parler de l’écueil de la finance (1 € reprensente un quantité d’énergie) et les blocages cognitifs qui empêchent d’appréhender la réalité. Le commentaire est déjà plus long que l’article.

    • François

      Et donc ?
      Vous proposez quoi pour continuer à faire fonctionner notre belle société ?

      • Emilie Le Berre

        Je suis désolée, elle ne peut pas continuer.

        • François

          Wahou, vous êtes vachement optimiste.
          Un paragraphe aussi long, pour au final arrivé à ça…c’est un peu trop facile

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